Wilson (Edward Osborne) (1929-)

Alain Lenoir mis à jour 04-Oct-2021

           

  avec Bert Hölldobler

à Louvain en 1991 avec Van Boven et Raignier :    

 

Dans le journal de Carrefour sur les fourmis (2000) :

Voir le livre de souvenirs de Wilson : Naturaliste (2000, traduction de "Naturalist" par Carine Chichereau, Bartillat éd.). Wilson, dans son livre de souvenirs en 1994 parlait déjà de la formidable biodiversité des bactéries (pdf).

En 1988, il consacra le terme biodiversité, développé au début du XXIe siècle ; champ scientifique dans lequel, depuis, il met ses expertises à contribution (Wilson 1988). Les graves menaces qui pèsent sur la biodiversité sont la préoccupation majeure d'Edward O. Wilson, c'est un combat qu'il poursuit avec ses livres (Wikipedia). Il émit aussi à cette époque l'hypothèse de la biophilie "qui postule que l'espèce humaine a une tendance innée, inscrite génétiquement, à rechercher le contact avec la nature dans le but d'assurer une meilleure adaptation possible à son environnement." (Alix Cosquer, dans Vincent 2018) ou "puissant sentiment d'affection" qui existe dès l'enfance "qui nous pousse à aller spontanément avec les pigeons, les coccinelles,  les papillons, les fourmis .." (Servigne et al 2018, p. 212). Ces auteurs citent aussi Wilson pour qui "la seule façon de conjurer une crise majeure comme celle de l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années serait de réserver la moitié de la planète pour le sauvage" (p. 251). Edward O. Wilson a fondé le projet Halft-Earth qui a pour ambition de sanctuariser la moitié de la surface terrestre (Joignot 2019, Porquet 2019). Avec Elinor Ostrom, Prix Nobel d’Economie 2009 qui a repensé la gestion des biens communs en démontrant que certains groupes étaient capables de s’auto-organiser et de se fixer des règles pour gérer au mieux leurs ressources, ils ont comparé l'évolution des sociétés de fourmis à celle de l'homme. L'entr'aide, le mutualisme, la coopération et la solidarité existent depuis toujours dans le vivant même chez les bactéries, surtout quand les conditions sont hostiles.

J'ai rencontré Wilson une seule fois dans son labo dans les années 1980. Il a été très attentif et intéressé par nos travaux sur les hydrocarbures et en particulier sur les Formicoxenus et leur hôte Myrmica. Je l'ai revu ensuite au congrès international à Washington en 2006, il faisait un exposé, mais je n'ai pas osé l'approcher..

Selon Alain Dejean (Interview du 13 avril 2020) : "J’ai choisi de travailler, donc au Burundi, sur le comportement prédateur des fourmis. Luc Passera a eu l’idée géniale d’écrire à Edward Wilson soi-même à ce sujet. La réponse a été rapide, suggérant de rechercher des Dacetini pour comparer la morphologie des mandibules et le comportement prédateur correspondant."

Wilson vu par "C'est pas sorcier - Les fourmis" : 

Mark Moffett qui s'appelle Doctor Bugs) est admiratif de E.O. Wilson. Voir Interview : Best of Aout 2020 : Close Up par Patricia Lanza (Lien pour l'interview complète).

E.O. Wilson avait déjà anticipé l'épigénétique alors qu'il était jeune assistant : "Imaginez que Lyssenko ait raison (chose certaine car autrement, pourquoi les généticiens traditionnels se seraient-ils dressés contre lui ?) : les biologistes pourraient alors modifier l'hérédité comme ils le voudraient ! C'était bien sûr de la pseudoscience de pacotille, mais à l'époque, je ne le savais pas. Et cela ne me gênait guère : j'avais gouté a l'enivrant nectar de la rebellion intellectuelle." (Wilson 2000, p. 56).

- Des remarques sur E.O. Wilson dans "A l'écoute des insectes" de Joanne Elizabeth Lauck (Le Souffle d'or 2018)

Voir
- Wilson E.O. (1988)
Biodiversity, by Edward O. Wilson Editor, National Academy of Sciences
- Wilson, E. O. (2000). Naturaliste, Bartillat. 422 p.

- Joignot, F. (2019). Vivre sans les oiseaux. Le Monde 9 février 2019. p. 5. Voir extrait
- Porquet, J.-L. (2019). Coupons la poire en deux. Le Canard Enchaîné 20 novembre 2019. Pdf
- Servigne, P., R. Stevens and G. Chapelle (2018). Une autre fin du monde est possible, Seuil.
- Vincent, C. (2018). "La crise écologique impose une politique d'éducation à la nature plus ambitieuse". Interview d'Alix Cosquer. Le Monde Idées 22 décembre 2018. p. 2.