Dictionnaire
amoureux des fourmis - Février 2026
Mis
à jour le
23-Fév-2026
Actualité toujours bien remplie avec de belles publications sur les champignonnistes, les microbiontes dont on découvre tous les jours l'importance dans les écosystèmes, la progression des espèces invasives. Le record du nombre d'espèces dans les PO avec 87 espèces (Claude Lebas). On arrive aussi à faire "revivre" des fossiles.
Toujours aussi l'image de la fourmi : Gisèle Pélicot à la publication de son livre "Et la joie de vivre" parle de "la grande fourmilière machiste" de tous les hommes qui l'ont violée (La Grande Librairie, France 5, 11 février 2026).
Voir aussi en cette période de pluies trop abondantes "Fourmis, moucherons, oiseaux : ces animaux qui prédisent la pluie avant toutes les applis météo" par Alexis Petit, MonJardin, 12/02/2026 (Les insectes, eux aussi, réagissent. Les moucherons forment des nuées denses avant la pluie, attirés par l’air lourd et chargé d’humidité. Tandis que les abeilles s’affairent intensément pour accumuler des réserves et regagnent leurs ruches bien avant l’orage. Les fourmis, quant à elles, renforcent leurs nids ou évacuent les zones à risque, anticipant l’humidité).
Barry Bolton vient de remettre à jour toutes les données sur la systématique des fourmis : Antweb, version 8.114, 2026 California Academy of Sciences, 17 489 espèces et sous-espèces valides au niveau mondial. Tout semble bien à jour, bravo. J'ai essayé avec Bothriomyrmex corsicus, Temnothorax kutteri, Cataglyphis sarahae ça marche. Par contre Cataglyphis lenoiri n'y est pas (c'était en fait C. saharae).

Publications récentes
- Jason B Oliver, Karla M Addesso, David H Oi, Nadeer N Youssef, Paul O’Neal, Rachel A Atchison, Lisa W Alexander, Ronald D Weeks, Post-harvest pyrethroid drench and injection treatments for quarantine control of imported fire ant (Hymenoptera: Formicidae) colonies infesting field-grown nursery plants, Journal of Economic Entomology, 2026; toag004, https://doi.org/10.1093/jee/toag004.
Eh oui, aux USA on essaie toujours de limiter la propagation des red IFA (Solenopsis invicta Buren), black IFA (Solenopsis richteri Forel), et the S. invicta × S. richteri hybrides avec des poisons très nocifs comme le chlorpyrifos et la bifenthrine. Le chlorpyrifos, un insecticide très utilisé est aujourd’hui interdit en Europe. La bifentrine est aussi très toxique, par exemple sur les abeilles et les fourmis (voir pour les fourmis Soeprono A.M & Rust M.K (2004). Effect of horizontal transfer of barrier insecticides to control Argentine ants (Hymenoptera: Formicidae). Journal of economic entomology, 97(5), 1675-1681). Cela marche, par exemple chez les marchands de plantes.. Voir Pesticides
- Tenneriello, C., Wegmann, J.W. & Fleischmann, P.N. Magnetoreception in Cataglyphis hellenica ants. J Comp Physiol A (2026). https://doi.org/10.1007/s00359-026-01794-5.
Cataglyphis nodus était connue pour utiliser le champ géomagnétique (geomagnetic field GMF), c'est la cas aussi de C. hellenica, espèce de Grèce proche de C. cursor. Bientôt d'autres espèces ? Voir Cataglyphis
- Asmaa FERNANE, Yousra BENYAHIA, Joaquim-Luis REYES-LÓPEZ et Ahmed TAHERI (2026). Effects of agricultural systems on ant diversity (Hymenoptera: Formicidae) in Central Morocco. Eur. J. Entomol, 123, 25-34. doi: 10.14411/eje.2026.005
Cette étude compare la faune des fourmis de trois situations : "organic" (bio), conventionnnelle (intensive) et traditionnelle (petites fermes). La diversité est plus grande en bio avec deux espèces Tetramorium caldarium et Paratrechina longicornis dominantes. C'est je crois la première étude sur le bio. Merci à nos collègues marocains. Pdf Voir Agriculture Bio
- N. Jiang, B.A. Bhat, E. Briceño-Aguilar, A. Lehmann, Y. Ulrich, B.S. Hansson, & M. Knaden, Oxidizing pollutants can disrupt nestmate recognition in ants, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 123 (6). e2520139123, https://doi.org/10.1073/pnas.2520139123.
Chez les insectes sociaux, la reconnaissance des congénères se fait grace aux hydrocarbures cuticulaires et en particulier par les alkènes (F. R. Dani et al., Chem. Senses 30, 477–489, 2005). L'ozone, un oxydant très puissant, peut donc dégrader en partie ces alkènes fragiles à cause de leur double liaison. 2 heures de traitement à l'ozone diminuent l'agression chez Messor barbarus. En effet le profil d'hydrocarbures est modifié. Voir Reconnaissnace coloniale
- Massé, P.S.M., Payi, L.C.F., Mony, R. et Tindo M. An updated overview of the distribution and impact of the little fire ant Wasmannia auropunctata on native ant communities in Southern Cameroon. Int J Trop Insect Sci (2026). https://doi.org/10.1007/s42690-025-01737-8.
Suivi de la progression de cette fourmi sur 15 ans, facilitée par les transports de cacao. Dans les sites colonisés, elle sature tout (près de 100% des fourmis). Seules Pheidole megacephala et Paltotyreus tarsatus résistent à moins de 1%. Voir Petite fourmi de feu
- Delsinne T. 2025. Inventaire des fourmis (Hymenoptera : Formicidae) du Parc Naturel Régional Livradois-Forez sur base des « fonds de pots » d’études naturalistes. Rapport de la Société d’Histoire Naturelle Alcide-d’Orbigny pour le Parc Naturel Régional Livradois-Forez. Pdf, 87 pp. + annexes.
Rapport très complet avec discussion sur la répartition des fourmis en France. Voir Delsinne et Répartition France
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C. Lebas, Étude de la communauté des fourmis de la Réserve Naturelle Nationale de Py (France, 66-Pyrénées-Orientales) (Hymenoptera : Formicidae). Revue de l’Association Roussillonnaise d’Entomologie - 2026 - N° 119 : 41 –49. Pdf. Voir Répartition en France
L’inventaire réalisé entre juin et octobre 2025 au sein de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) de Py confirme l’intérêt biologique exceptionnel des Pyrénées-Orientales pour la myrmécologie. Avec 87 espèces recensées, réparties en 22 genres dont 12 parasites, ce territoire de montagne démontre une richesse spécifique remarquable, représentant une part significative de la diversité nationale. Ce travail met en évidence la richesse spécifique altitudinale de ce territoire de montagne et fait mention de quelques espèces rares. 87 espèces : le record pour les PO. Pour la France on est plus ou moins à 215 espèces.
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Vidéo : des fourmis dans le caleçon (sans doute des oecophylles). Sur Instagram. Bon, il y a mieux mais il en faut pour tous les gouts (merci Antoine, 12 février 2026)

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Remerciements à Serge Aron pour "ses observations précieuses, ses retours alertes et avisés." Des photos en plus :
Fourmi matabele
Formica selysi 
Fourmi d'Argentine
Radeau de F. selysi 
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Les fourmis ont colonisé toute la planète, sauf ces quelques territoires qui leur résistent encore, SciencePost, par Brice Louvet, 11 février 2026. Elles sont minuscules, mais leur pouvoir collectif est gigantesque. Les fourmis, présentes presque partout sur la planète, forment l’un des groupes d’animaux les plus abondants et influents du globe. Pourtant, malgré leur omniprésence, certains territoires leur résistent encore. Que nous apprennent ces zones d’ombre sur l’histoire et l’adaptation exceptionnelle de ces insectes sociaux ?
Crédits : Thibault Renard/istock 
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Insectes comestibles. Ce site web vend des insectes comestibles (Lien), en particulier des fourmis. J'en avais acheté en 2016, c'était super bon. Il y a toujours la vodka aux fourmis noires, le caviar de Colombie.. Voir Fourmis comestibles


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Une image de la fourmi : Cashexpress achète les bijoux et tous objets. Existe en février 2026 et vend de nombreux anciens DVD de fourmis. Image de 2022. Voir Entreprises

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Une BD ancienne "Histoire fourmidable" dans le Bulletin Intérieur de la SF-UIEIS 1989
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Des nouvelles du labo de Cleo Bertelsmeier à Lausanne. Plusieurs articles très importants


- Pérochon, E., Guénard, B., Gippet J.M.W., Klaftenberger, T., Ollier, S., Bertelsmeier C., 2026, Environmental conditions shape the global distribution of ant societies, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 123 (6) e2530826123, https://doi.org/10.1073/pnas.2530826123. (mail Max Huber 8 février 2026).
L’environnement façonne l’organisation des sociétés de fourmis, Cleo Berteslmeir, voir UNIL, 5 février 2026
Une seule reine sous les tropiques; d’immenses colonies dans les déserts; des ouvrières à la morphologie semblable dans les régions tempérées: les structures sociales des fourmis varient en fonction des conditions environnementales. C’est ce que montrent, pour la première fois à l’échelle mondiale, des travaux menés au Département d’écologie et évolution de l’Unil et publiés dans "PNAS". Trois groupes :
- Une reine solo sous les tropiques
Le premier groupe est constitué de petites colonies, à une seule reine, et dont les ouvrières ont des formes et tailles différentes. Il est dominant dans les régions tropicales, caractérisées par des températures élevées et de faibles fluctuations entre les saisons. «Sous ces latitudes, la diversité et l’abondance de fourmis augmentent la concurrence pour l’espace, notamment pour trouver un site de nidification, favorisant les sociétés de petite taille. Dans ce contexte compétitif, avoir plusieurs castes d'ouvrières constitue un avantage pour exploiter une plus large gamme de ressources», détaille Eddie Pérochon , premier auteur de l’article paru dans PNAS et doctorant au DEE. Le climat, relativement constant, ne représente pas un défi particulier: une seule reine suffit. Explication: les fourmis sont ectothermes, leur température corporelle dépend de celle de leur environnement. De fortes variations des conditions extérieures réduisent donc les chances de survie d’une reine partie fonder une nouvelle colonie. La polygynie constitue alors un avantage. Sous les tropiques, la stabilité climatique favorise au contraire la monogynie.
- De vastes colonies dans les déserts
Dans le deuxième groupe, les colonies sont grandes et les reines multiples, tout comme les morphologies des ouvrières. Ce genre de composition sociale se retrouve majoritairement dans les déserts. Pourquoi? Dans des environnements très arides, où la nourriture se fait rare, et où la compétition est donc féroce, avoir à disposition différents types d’ouvrières permet de mieux exploiter les maigres ressources. La vie en larges collectivités réduit quant à elle les risques de prédation et de dessiccation puisque chaque ouvrière passe moins de temps à l’extérieur du nid. Contrairement aux régions tropicales, établir une colonie dans le désert – les écarts de températures entre le jour et la nuit peuvent avoisiner les 50°C – constitue un réel danger. Mieux vaut s’y mettre à plusieurs: l’implantation d’un nouveau nid a ainsi plus de chances d’aboutir.
-Des ouvrières similaires dans les régions tempérées
Enfin, le troisième groupe, avec ses sociétés à plusieurs reines et ses ouvrières morphologiquement uniformes (monomorphisme), domine les régions tempérées, associées à des températures plus basses et de forts contrastes entre les saisons. Il est présent de l’Espagne au Japon, ainsi que dans certaines zones de l’hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande et sud du Chili, notamment). Comme dans les déserts, l’exposition à de fortes variations thermiques, sur une base non plus quotidienne mais annuelle, accroît ici les risques liés à la fondation de nouveaux nids, favorisant les colonies polygynes. Cette saisonnalité pourrait aussi jouer en défaveur d’une plus grande division du travail, expliquant la présence d’une seule caste d’ouvrières: «Dans des conditions où les sources de nourriture peuvent changer d’un moment à l’autre, mieux vaut être une fourmi tout-terrain, polyvalente plutôt qu’ultra-spécialiste», résume Cleo Bertelsmeier, directrice de l’étude, pour expliquer le monomorphisme dans ce groupe.
- Bates, O. K., and C. Bertelsmeier. 2025. “ Predictions of Future Insect Distributions Under Climate Change.” Diversity and Distributions 31, no. 10: e70106. https://doi.org/10.1111/ddi.70106
We conducted a review of insect range size predictions under climate change and the methodologies and data sources used by 351 studies.
Results: From the literature, studies were not significantly more likely to predict range reductions compared to range increases. While introduced species were predicted to increase more frequently in range than native species, both increases and decreases were predicted in both groups, highlighting species-specific changes. However, large differences in study methodology hinder our ability to compare predicted responses across species. Predictions of future ranges may be driven by factors such as species' physiology and geographic distribution. However, there is a large variety in predicted changes between insect species, and it is unknown to what extent these differences among species are due to the specific set of methodologies and data used to model the species' distribution, given that individual studies vary greatly in regard to the methodologies and data used to make predictions. We therefore discuss these differences and how they may influence range predictions. Conclusions: Due to the large differences in studies, concrete conclusions about the future state of insect distributions are unknown. There is a need for standardised benchmarking approaches across insect species roups, using multiple climate emissions scenarios and global circulation models at relevant data resolutions for insect species.
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Deux super articles de synthèse sur les fourmis dans le dernier n° d'Annual Review of Entomology (2026) (Merci Alain Dejean, mail 5 février)
Les fourmis et leurs microbes symbiontes
Les bactéries symbiontes des fourmis sont connues depuis très longtemps et leur rôle est de plus en plus important. Voir Bactéries
Yi Hu, Corrie S. Moreau. 2026. Nutritional Symbiosis Between Ants and Their Symbiotic Microbes. Annual Review Entomology. 71:35-49. https://doi.org/10.1146/annurev-ento-121423-013513

Tout sur les constructions de nids des fourmis champignonnistes, un bilan complet des connaissances de ces fourmis fascinantes. Voir Champignonnistes
Les fourmis champignonnistes comprennent plus de 50 espèces de la Patagonie jusqu'en Amérique du Nord. Elle contruisent les nids les plus grands parmi les fourmis. Les ouvrières fourragent des fragments de plantes pour cultiver un champignon symbiotique dans des chambres souterraines. Le champignon est la nourriture principale de la colonie. Pour creuser le nid, les ouvrières le font en fonction de la température du sol, de l'humidité, du CO2. Cela donne des architectures spécifiques à partir d'un tunnel vertical avec peu de chambres. Quelques espèces développent en plus des structures qui permettent l'hygiène et la climatisation du nid avec des chambres à déchets, des tours de ventilation. Les jardins sont ensuite déplacés selon les conditions.
Flavio Roces, Martin Bollazzi. 2026. Nest Building in Leaf-Cutting Ants: Behavioral Mechanisms and Adaptive Value. Annual Review Entomology. 71:339-359. https://doi.org/10.1146/annurev-ento-121423-013337.
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Fossiles dans l'ambre de la Baltique. Boudinot avec une équipe internationale reconstruit les fourmis de l'ambre (40 millions d'années) grâce à l’imagerie synchrotron. Le résultat est spectaculaire. Voir Fossiles de fourmis
Boudinot, B.E., Bock, B.L., Tröger, D. et al. Discovery of Goethe’s amber ant: its phylogenetic and evolutionary implications. Sci Rep 16, 2880 (2026). https://doi.org/10.1038/s41598-026-36004-4
Voir Une fourmi vieille de 40 millions d’années redécouverte dans une pièce d’ambre ayant appartenu à Goethe. Science et Vie, 31 Jan 2026, par Laure Henry, espèce proche des Liometopum.
La fourmi telle qu'on la voit : 
Et après traitement : 
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Espèces : Paratrechina neela, "neela" signifiant "bleu" dans la plupart des dialectes indiens. Voir Sciences et Avenir "Une nouvelle espèce de fourmi bleue décrite, une découverte extrêmement rare", par Anne-Sophie Tassart, Science et Avenir, le 04.06.2024. Une expédition menée dans une région indienne a permis de repérer une espèce de fourmi jusque-là inconnue de la communauté scientifique. Le bleu est une couleur vive dans la nature, mais elle reste relativement peu commune dans le monde animal. Bien sûr, on l'aperçoit tout de même, notamment sur des poissons, des grenouilles, des oiseaux ou encore des araignées et des guêpes. Mais elle "est très rare chez les Formicidae", la famille des fourmis, notent les chercheurs. Voir Fourmis folles.
Sahanashree R, Punnath A, Rajan Priyadarsanan D (2024) A remarkable new species of Paratrechina Donisthorpe (1947) (Hymenoptera, Formicidae, Formicinae) from the Eastern Himalayas, India. ZooKeys 1203: 159-172. https://doi.org/10.3897/zookeys.1203.114168
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Un nouveau logo pour la Section française de l'Union Internationale pour l'étude des insectes sociaux
Le nouveau logo (janvier 2026) avec un termite :
L'ancien : 
En 2015 au congrès de Tours : 
Le logo en 1982 : 
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Une affiche de l'exposition "Fourmis" au Muséum d'Histoire Naturelle de Tours en 2017-18 (merci Françoise Chapoton, mail janvier 2026). Voir Expos fourmis
