Citations de divers auteurs sur les fourmis dans la littérature, radios, télévisions

Alain Lenoir mis à jour le 15-mar-19

Citations : Allende Isabel, Barukh Sarah , Bedel Paul , Chazerand Émilie, Chy TimColombani Laetitia , Condé Maryse , Cyrulnik Boris , de Vigan Delphine, Dubochet JacquesEnders G. , Guez Olivier , Hearn Lafcadio , Lauck Joanne Elizabeth,   Livingstone DavidLodge David , Mankell Henning , Melandri Francesca , Oulitskaïa Ludmila Roy-Déry KarineRufin JC  , Safier David , Schopenhauer Arthur  / Tesson Sylvain /

- Le philosophe Arthur Schopenhauer cite les Myrmecia comme exemple paradigmatique de conflits et de besoin constant de destruction dans notre « volonté de vivre ». « Dans ce genre, la fourmi bouledogue d'Australie présente un exemple frappant : Lorsqu'on la coupe en deux, une lutte s'engage entre la tête et la queue : celle-là commence à mordre celle-ci, qui se défend bravement avec l'aiguillon contre les morsures de l'autre; le combat peut durer une demi-heure, jusqu'à la mort complète, à moins que d'autres fourmis n'entraînent les deux tronçons. Le fait se renouvelle chaque fois. » (Wikipedia)

- Maryse Condé à Boston mange un pâté arrivé du Cameroun et demande avec quoi il a été fait : "Il s'agissait d'insectes, d'un mélange de fourmis rouges et d'une variété de chenilles. Je ne sais comment mon estomac supporta cette révélation" (Mets et merveilles, JC Lattès 2015, p. 206).

- Après son opération de la cataracte, Paul Bedel retrouve la vue et écrit "Je passe du temps à oberver les fourmis, les coccinelles. Nous reviennent quelques papillons, pas tous, les insecticides les ont assassinés. Des survivants en quelques sorte." Paul Bedel et Catherine Boivin "Nos vaches sont jolies parce qu'elles mangent des fleurs" (Pocket 2017, p. 50).

- La fourmi est un modèle de petit insecte pour Isabel Allende dans Eva Luna parlant de sa mère : "Elle me réduisait à la dimension d'une fourmi pour me donner à contempler l'univers depuis l'infiniment petit." (Fayard, p.34, 1988). C'est aussi un modèle de ténacité : "sa terre aride et coriace où il fallait une ténacité de fourmi pour faire pousser la moindre orange" (ibid p. 192).

- "Le grand brouillard apparaît quelquefois dehors. La plupart de ceux qu'il prend meurent misérablement. les chanceux comme toi deviennent fous ou aveugles. Ou les deux. Ce grand brouillard ressemblait fort à l'insecticide dont je m'étais plus d'une fois servie - en vain - pour chasser les fourmis de notre terrasse." Kim Lange dans Maudit Karma (David Safier 2008).

- Sarah Barukh, Elle voulait juste marcher tout droit (2017) : A propos du coca-cola en 1946 "La première fois qu'elle en avait avalé, elle avait eu l'imprssion que des milliers de fourmis marchaient sur sa langue." (p.79) et devant un grand bateau qui lui parait immense "Elle avait l'impression d'être une fourmi." (p191). Par ailleurs, livre passionnant.

- À l'écoute des Insectes, de Joanne Elizabeth Lauck (Le Souffle d'or 2018) avec tout un chapitre sur les fourmis. Dans "Comment la terre s'est tue" (2014) de David Abraham, il y a une page sur des fourmis qui mangent du riz à Bali

- Dans la culture indoue la fourmi peut être la réincarnation de quelqu'un : Lalita "prend garde dans ses jeux à ne pas écraser la mondre fourmi, la moindre araignée, on ne sait jamais." Dans La tresse, de Laetitia Colombani, Poche 2017, p. 44 (superbe livre par ailleurs).

- La chanson d'amour de Delphine de Vigan est "Les fourmis rouges" de Michel Jonasz (Le Monde du 5-6 août 2018) : "Tu te rappelles on était couchés / Sur un millier de fourmis rouges / Aucun de nous deux n'a bougé / Couchés sur les fourmis rouges. "

- Sylvain Tesson dans Le Monde du 5-6 août 2018 aime les fourmis : "Je préfère le monde comme charmille peuplée d'oiseaux plutôt que comme Toile surveillée par des "voisins vigilants". Caresser une peau, boire trop de vin, s'approcher du vide, renifler les fourmilières, embrasser une statue, demander à un pauvre cloche s'il veut boire un verre : volà des choses aventureuses. Un iPhone ne les propose pas." (Pdf)

- L'héroïne du livre d'Émilie Chazerand dans le livre "la fourmi rouge" rencontre un entomologiste  qui a travaillé sur les fourmis de feu (texte).

- Olivier Guez dans "La disparition de Jozef Mengele" (Odile jacob 2017), le bourreau nazi d'Auchwitz réfugié en Argentine, écrit que Peter (nom d'emprunt) a inventé un dispositif pour écraser une fourmilière : "L'autre jour, Peter l'a fait rire. Il a découvert une fourmilière. Plutôt que d'y mettre le feu, il a accroché un poids à une corde qu'il a enroulée autour d'une branche d'eucalyptus. Des heures durant, comme un élève ingénieur, il a calculé, dessiné, fignolé le plan de la poulie pour écraser la fourmilière. Jamais Gitta ne l'avait vu si affairé et si enthousiaste qu'après sa destruction, bien davantage qu'après leurs ébats. Quelques heures plus tard, les fourmis blanches ont installé leur nid un peu plus loin." C'était peut-être des termites ? (voir texte)

- une citation de Jacques Dubochet, nouveau Prix Nobel de chimie 2017 à Lausanne : "L’altruisme est quelque chose de moral chez l’être humain, mais en biologie c’est une façon de fonctionner. Les fourmis ouvrières sont totalement altruistes car elles travaillent pour la reine, c’est le système qui le veut. En tant qu’êtres sociaux, nous vivons ensemble: nous occuper les uns des autres, ce n’est pas de la bonté, c’est simplement ne pas être stupide, c’est vital pour notre bien commun. Ce n’est pas une valeur morale, c’est une notion d’intelligence: la gauche, c’est l’intelligence, et la droite, c’est l’égoïsme. Ce que je dis va faire quelques vagues mais tant pis, je n’ai pas changé d’avis à ce propos." Le site de la télévision suisse (5 octobre 2017)

- Boris Cyrulnik dans La grande librairie du 14 septembre 2017 en réponse à une question de Busnel sur ses passe-temps favoris, a répondu à peu près ceci : "Je me souviens avoir passé des heures à observer les fourmis. C'est une vocation de paresseux parce qu'on observe les fourmis couché et cette position couchée me convenait et il se passait des phénomènes fantastiques, des aviations de fourmis qui décollaient, on voyait des vols d'oeufs, on voyait une science-fiction extraordinaire avec les fourmis. J'ai passé des heures extraordinaires avec les fourmis."

- G. Enders aime beaucoup les fourmis. On citera par exemple "La baleine est un eucaryote. Les être humains aussi. Tout comme les fourmis, d'ailleurs, même si elles sont bien plus petites."  et "Quand votre chemin croise celui d'une fourmi, rien ne s'oppose donc, du point de vue de cette classification, à ce que vous la saluiez d'égal à égal." (p. 215).  Et à propos de la schizophrénie : "Les patients ont l'impression que des fourmis leur grimpent sur le dos alors qu'il n'y a pas la moindre bestiole alentour" (p. 279).
Enders, G. (2015). Le charme discret de l'intestin, Actes Sud.

- Karine Roy-Déry (2015). Des fourmis. En parlant du cadre. Filigrane 24: 135-140. Une psychanalyste dont les bureaux sont envahis par des fourmis charpentières : "Cette situation me rend folle. J’en deviens obsédée. Je ne suis plus disponible : j’observe les fourmis. Elles se sont introduites dans mon bureau à l’improviste, sans prendre de rendez-vous. Elles ne respectent aucun horaire et paient encore moins d’honoraires. Elles me dérangent et dérangent mes clients. Je n’ai plus d’espace à penser, je ne peux plus m’absenter : j’observe les fourmis." Pdf

- Francesca Melandri dans "Eva dort" (Gallimard 2013) parle d'un "prêtre maigre, pas très jeune. Il a une tête qui ressemble à celle d'une fourmi : large en haut, étroite en bas, des yeux déjà grands rendus énormes par des verres épais d'hypermétrope." (p. 174).

- Henning Mankell. "Les chaussures italiennes" (2006, trad fr 2009)
« Jamais je n’aurai imaginé que tu deviendrais un homme qui vit en compagnie d’une chienne, d’une chatte et d’une fourmilière. » (p.55).
Dans cette pièce « Mes grands-parents y sont morts tous les deux… Un jour j’ai découvert qu’il y avait des fourmis. Quand j’ai rouvert la porte quelques mois plus tard, elles avaient commencé à construire une fourmilière. J’ai laissé faire. » (p.95).
« J’avais la sensation que ma maison tout entière était incluse peu à peu dans une fourmilière géante qui grandissait de jour en jour » (p. 317).
La fin de l’histoire « Tôt un matin, j’ai commencé à déménager la fourmilière. Cela ne pouvait plus attendre. J’en prélevais des couches successives, pelletée par pelletée, que j’empilais au fur et à mesure dans la brouette. J’ai continué à transporter les fourmis vers leur nouvelle vie. Le soir tout était fini. La fourmilière avait été déplacée. » (p. 373).

- JC Rufin, "Le parfum d'Adam" (Folio 2007). "Il est envisageable de protéger les intérêts des éléphants, des singes, des cochons. A la rigueur, on peut prendre la défense des poissons, des crabes, des fourmis. Mais que faire pour les éponges, les vers de terre, les moustiques.."

- "La fourmi sage déplace des montagnes, le taureau furieux du vent" dit Tim Chy dans la BD Alpha, n°9, p. 3 (2006).

- Légende chinoise. "Ants" dans le recueil de nouvelles de Lafcadio Hearn « Kwaidan. Stories and Studies of Strange Things ». ICG Muse, 2001. Ants pages 159-181. Publication originale 1904. Une histoire de fourmis qui indiquent à un viel homme l'emplacement d'un trésor. Plus de détails

- David Lodge. Dans le livre "Hors de l'abri" (Payot, 1996), p.414 : à Heidelberg en Allemagne, dans les forces armées américaines en 1951 : "Tu veux des fourmis au chocolat ? Elle ramassa avec ses longues griffes les insectes enrobés de chocolat et les porta à sa bouche. Il y eut un léger craquement entre ses mâchoires tandis qu'elle mastiquait. Hum, c'est délicieux !"

- « Sage, sage est le monde des fourmis… » dit le peintre Robert Victorovitch dans "Sonietchka" de Ludmila Oulitskaïa (1996).

- Vie et voyages du Docteur David Livingstone, par Alexandre Gacard et Ami Perrier, Delagrave (1880)
Extraits concernant les fourmis :
Livinstone découvre la fourmi cadavre : "Il remarque une grosse fourmi noire, qui répand une odeur désagréable et pénétrante provenant d'un fluide aussi volatile que l'éther" (p. 49-50). Près du Zambèze, il découvre les raids de fourmis cadavres contre les termitières : "Un matin, dit Livingstone, je vis sortir une colonne de fourmis noires qui me paraissaient aller au combat, et je me mis à les suivre." "L'un des capitaines du régiment noir les ayant enfin aperçus (les termites), se précipita sur eux, les rendit insensible, grâce à un liquide particulier que secrète son aiguillon, et les livra aux soldats qui les emportèrent immédiatement. Ayant sauvé quelques-uns des captifs, je ne pus les faire sortir de l'état d'insensibilité où les avait plongé la piqûre de leur ennemi." (p. 96)