Eric Provost

Alain Lenoir Mis à jour 05-Avr-2022

Chercheur CNRS à Marseille dans le laboratoire de Georges Le Masne, puis à l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie marine et continentale (IMBE).

Thèse : Fermeture de la société et mécanismes chimiques de la reconnaissance chez diverses espèces de fourmis (1994), sous la direction de Jean-Luc Clément.

Des fourmis restaurent l’écosystème de la plaine de la Crau. La Marseillaise 8 Jan 2020 (Lien) Voir Fourmis moissoneuses

"C’était il y a 10 ans. En 2009, un oléoduc rompait dans la plaine de la Crau polluant cinq hectares de ses sols. Après une dépollution par le remplacement de 72 000 de tonnes de terre et de galets, une technique originale a été mise en place pour restaurer le milieu. Des scientifiques ont introduit des fourmis dites moissonneuses dans cet espace si particulier des Coussouls de Crau, classé Natura 2000 : on parle d’ingénierie écologique. « Après avoir implanté 200 reines, les résultats obtenus sont très encourageants : dans les zones où l’on a implanté les fourmis, la fertilité, la porosité et le brassage des sols sont bien meilleurs », explique dans La Marseillaise Thierry Dutoit, chercheur CNRS à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine (IMBE) qui est à l’origine de ce protocole de restauration naturelle. Les petites bêtes ont en effet procédé à un portage et un enfouissement efficace des graines de végétaux, accélérant la restauration de tout l’écosystème. La magie de la nature."

Une publication récente de De Almeida avec Olivier Blight et Éric Provost (2020) dans Biological conservation résumée par Éléonore Solé (2020) : "Au cœur de la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône), les fourmis se démènent. Elles cherchent de la nourriture, construisent leur nid, agrandissent leur colonie. Et il semblerait que leur activité incessante puisse jouer un rôle clé dans la restauration et la conservation des prairies asséchées méditerranéennes. Telle est la conclusion de chercheurs français, qui ont comparé durant cinq à dix ans des zones dotées de Messor barbarus, une espèce de fourmi moissonneuse, et des zones exemptes de l'arthropode. Leur étude est publiée dans Biological Conservation. En effet, pendant les quelques années où Messor barbarus a été observée, les chercheurs ont noté une nette amélioration de la fertilité des sols. Les zones fourmillantes ont été conquises par des plantes mésotrophes, c'est-à-dire adaptées à un milieu moyennement riche en nutriments. Tandis que les zones sans fourmis étaient « dominées par des espèces caractéristiques des sols compactés » détaillent les chercheurs. Des sols moins riches, où l'eau s'infiltrent peu. Les racines des plantes y poussent plus difficilement. Les communautés végétales ont ainsi profité de l'action des fourmis, en augmentant leur biomasse et leur diversité. Messor barbarus a également « assuré le transport, la redistribution et le stockage de graines » stipule un communiqué du CNRS. Dès lors, elles ont accéléré « la résilience des communautés végétales » dans les prairies asséchées de la plaine de la Crau, « en facilitant leur rétablissement ». Ils concluent qu'en tant « que filtre biologique, Messor barbarus a conduit les communautés végétales vers une nouvelle trajectoire dans le site restauré »." Voir aussi Sciences et Avenir (Ignasse 2020).

Jury de thèse de Laurence Berville (2013) :

Participation au film La guerre des fourmis sur la fourmi d'Argentine (Arte 2012)

         

Dans la Crau en 2010 :

Direction de thèses sur les fourmis :
- Maureen Le Yannou-Cateine : La myrmécochorie en Nouvelle-Calédonie : importance du contexte et impact des fourmis introduites sur ce service (2017). Sous la direction d'Erick Provost et de Hervé Jourdan - Nouvelle Calédonie.
- Laurence Berville : La fourmi d’Argentine (Linepithema humile) face à une fourmi dominante du genre Tapinoma en milieu insulaire : écologie chimique, comportement et dynamique d’invasion. (2013)

Références diverses
- Berville, L., A. Hefetz, X. Espadaler, A. Lenoir, M. Renucci, O. Blight and E. Provost (2013). Differentiation of the ant genus Tapinoma (Hymenoptera: Formicidae) from the Mediterranean Basin by species-specific cuticular hydrocarbon profiles. Myrmecological News 18: 77-92. Pdf
- Berville, L., C. Santelli, J. Reybaud, M. Renucci, P. Ponel, O. Blight and E. Provost (2014). Suivi d’un site atelier dans le golfe de Fos : Une diversité myrmécologique insoupçonnée. Etudes vauclusiennes 82: 71-78. Pdf
- De Almeida, T., O. Blight, F. Mesléard, A. Bulot, E. Provost and T. Dutoit (2020). Harvester ants as ecological engineers for Mediterranean grassland restoration: Impacts on soil and vegetation. Biological Conservation 245: 108547.
- Meskali, M., E. Provost, A. Bonavita-Cougourdan, A.-G. Bagnères, G. Dusticier and J.-L. Clément (1994). Mode de transfert d'un hydrocarbure exogène, le (z)-9-tricosène entre entre les ouvrières de la fourmi Camponotus vagus Scop. Rôle des glandes post-pharyngiennes dans l'homogénéisation chimique intra-coloniale. Actes Colloq. Insectes Soc. 9: 19-25. Pdf
- Provost, E. (1978). Etude de la fermeture du groupe social et de l'approvisionnement de la société chez quelques fourmis : rôle éventuel de la reine. Bull Intérieur Section Française UIEIS: 72-73. Pdf
- Provost, E., O. Blight, A. Tirard and M. Renucci (2008). Hydrocrabons and insect's social physiology. Insect Physiology: new research. P. M. Ryan, Nova Science Publishers: 19-72. Pdf
- Provost, E., A. Bonavita-Cougourdan, G. Rivière and A.-G. Bagnères (1994). "Plasticité du prifil cuticulaire spécifique des hydrocarbures chez les fourmis : facteurs physiologiques et environnementaux." Actes Coll. Insect. Soc. 9: 1-10. Pdf

Voir
- Solé, E. (2020) "Les fourmis seraient d'utiles alliées pour restaurer les prairies desséchées." Futura Science 23 avril 2020. https://www.futura-sciences.com/planete/breves/fourmis-fourmis-seraient-utiles-alliees-restaurer-prairies-dessechees-2444/
- Ignasse, J. (2020) Avec l'aide des fourmis, la réhabilitation d'un site pollué en bonne voie. sciencesetavenir.fr 26 avril 2020. https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/avec-l-aide-des-fourmis-la-rehabilitation-d-un-site-pollue-en-bonne-voie_143708