Fourcassié Vincent

Alain Lenoir Mis à jour 20-Oct-2021

Thèse à Toulouse sous la direction de Raymon Campan : "Reconnaissance du site et strategies d'orientation chez Formica lugubris (Formicidae, Hymenoptera)" (1988).
Résumé :
Les phenomenes de memorisation impliques dans la reconnaissance visuelle du site d'implantation du nid ainsi que les strategies d'orientation chez des ouvrieres appartenant a une colonie polycalique de f. Lugubris ont ete etudies en milieu naturel par methode des deplacements passifs. Les experiences revelent l'existence chez les fourmis d'une memoire visuelle de la configuration du site et montrent la preponderance de l'utilisation de reperes terrestres. Les reperes celestes ne jouent qu'un faible role. Les reperes terrestres sont utilises de jour et des reperes chimiques la nuit.

Chercheur CNRS au CRCA à Toulouse

Quelques photos : l'habilitaion de Raphaël Boulay (2011)

Au stage de Banyuls sur les fourmis (2016) :     

Au congrès SF-UIEIS à Tours en 2015 :

 

"Le bio-mimétisme : quand l'homme s'inspire de la nature. Qui dit concentration de touristes, dit souvent saturation, voir bousculade. Pour réguler ce trafic, on s’est inspiré du monde des fourmis, c’est ce qu’on appelle le "bio-mimétisme". Il s’agit d’une science qui s’inspire de la nature pour l’appliquer aux humains. Concernant les embouteillages et les mouvements de foules, nous avons beaucoup appris des fourmis. Lorsque des embouteillages se produisent, les fourmis sont capables de créer une autre piste pour désengorger la route qui est très marquée."
Professeur Vincent Fourcassié, directeur de recherche du CNRS (
France Info 1er septembre 2018)

Au CRCA à Toulouse, Vincent Fourcassié et ses étudiants, dont Hugo Merienne, filment des fourmis avec une caméra à 250 images / seconde. " Elles ne sont pas dopées à l’EPO, n’ont pas tourné dans un épisode des X Men, mais leur puissance vaut largement celle d’un Hulk alors qu’elles ne font souvent pas plus d’un centimètre. Les fourmis sont dotées d’une force herculéenne, que des scientifiques toulousains sont en train de scruter à la loupe. Depuis quelques mois, grâce à cinq caméras hyper-puissantes capables de faire 250 images par seconde, l’équipe « Collective animal behavior » de Vincent Fourcassié, du Centre de recherches sur la cognition animale de Toulouse, scrute leurs moindres mouvements. Adieu la fourmi qui bouge dans tous les sens. Là, on les voit avancer au ralenti, en 3 D. Cette étude, menée dans le cadre de la thèse d’Hugo Merienne, a pour objectif de savoir comment chacune d’entre elles fait pour déplacer un insecte ou une feuille. Et voir comment elles gèrent leur tâche individuellement et comment elles s’organisent collectivement, des plus petites aux plus grosses. « Une fourmi peut porter de 12 à 15 fois son poids, elle peut aussi tirer jusqu’à 25 fois son poids. Grâce à ces images, il est possible de décomposer son mouvement et faire des mesures grâce auxquelles on pourra connaître l’énergie qu’elle dépense », indique Vincent Fourcassié, directeur de recherches au CNRS. Dans ce transport de fret collectif, les performances physiques ne sont pas toujours là où l’on croit selon les premières constatations réalisées par les chercheurs. « Les grosses fourmis ne sont pas le modèle agrandi des plus petites. Elles ont une tête plus importante, qui les déséquilibre. Ce qui fait qu’elles porteront moins de poids car sinon elles seront déstabilisées », livre le scientifique.
Leur exosquelette, source d’inspiration Les mastodontes seront donc plutôt aux avant-postes, à déblayer le terrain pour leurs collègues qui assurent le transport des marchandises. Les images ont permis de voir qu’elles font des micro-pauses lorsqu’elles charrient un insecte ou une feuille. Comme les humains. Au-delà de leur façon de faire, les chercheurs se penchent aussi sur leur anatomie, sur la façon dont elles placent leurs trois pattes de chaque côté en fonction de leurs cargaisons. Le font-elles mécaniquement ou s’adaptent-elles pour optimiser leur déplacement ?
" (Colin 2018)

Les pistes des Atta semblent fonctionner sans communication directe entre les individus selon T. Bochynek (et al 2019). Voir Vézina (2019) avec interview de Vincent Fourcassié.

A dirigé les thèses suivantes :
- Audrey Dussutour : "Organisation spatio-temporelle des déplacements collectifs chez les fourmis" (Toulouse 2004)
- Abel Bernadou
: "Du micro-paysage au paysage : approche éthologique et écologique de l'impact des hétérogénéités spatiales du milieu sur les fourmis." (Toulouse 2009) (avec Xavier espadaler, voir Bernadou et al 2006).
- Sofia Bouchebti : "Comportement d'approvisionnement des fourmis coupeuses de feuilles : de la piste chimique à la piste physique" (Toulouse 2015).
- Hugo Merienne : "Biomécanique et énergétique de la locomotion et du transport de charge chez la fourmi" avec Pierre Moretto (Toulouse 2019).
- Guillaume Fumery : "Biomécanique du transport collectif de charges, vers une application clinique"
(Toulouse 2019).

- Vézina, A.-M. (2019) Les fourmis coupe-feuille entretiennent leurs sentiers sans communiquer. larecherche.fr, 11 février 2019, p. https://www.larecherche.fr/entomologie/les-fourmis-coupe-feuille-entretiennent-leurs-sentiers-sans-communiquer Pdf
- Bernadou, A., G. Latil, V. Fourcassié and X. Espadaler (2006). Etude des communautés de fourmis d'une vallée andorrane. Actes Coll. Insect. Soc. Avignon, 24-27 avril 2006: 4p Pdf

Voir
- Bochynek, T., M. Burd, C. Kleineidam and B. Meyer (2019). Infrastructure construction without information exchange: the trail clearing mechanism in Atta leafcutter ants. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 286(1895): 20182539. doi:10.1098/rspb.2018.2539
- Colin, B. (2018) VIDEO. Une pour toutes, toutes pour une... Le comportement des fourmis scruté de très (très) près. 20minutes.fr, 31 mai 2018, p. https://www.20minutes.fr/sciences/2279683-20180531-video-toutes-toutes-comportement-fourmis-scrute-tres-tres-pres