Plagiolepis
Alain Lenoir Mis à jour 15-Nov-2025
Les fourmis Plagiolepis ont été étudiées par Georges Le Masne et Luc Passera (avec aussi la thèse de Béatrice Mercier - 2 articles). Le Masne a découvert deux espèces parasites obligatoires sans ouvrières, P. xene et P. grassei. Voir extrait de thèse de L. Passera
La sytématique des Plagiolepis est compliquée. Un bel article sur la phylogénie des Plagiolepis et de l'inquilinisme. La règle d'Emery qui dit que ces parasites ont évolué à partir d'espèces proches par spéciation sympatrique est confirmée. Dans les données on y trouve Plagiolepis delauderrei, parasite inquilin en illustration morphologique des spécimens que Claude Lebas a pu trouver en Corse à l'île Rousse une seule fois. Il y aurait une variabilité du nombre de dents aux mandibules selon Janine Casewitz-Weulersse, la descriptrice de l'espèce (Degueldre et al 2020). On ne connaissait que P. pymaea puis P. taurica décrite d'Ukraine, puis plus tard vindobonensis décrite d'Autriche, puis quelqu'un a montré que vindobonensis est synonyme de taurica donc tout le monde a appelé taurica ce qui n'était pas pygmaea en Europe. Puis Seifert a montré qu'il y avait 2 espèces distinctes au sein de ce qui était appelé taurica : à l'ouest pyrenaica et à l'est taurica au sens strict. Chez nous que pyrenaica, taurica plus à l'est, à partir de l'Europe centrale jusqu'en Russie.
Selon Luc Passera, André Ledoux lui a donné son sujet de thèse "«Passera, pour votre thèse de troisième cycle vous étudierez la morphologie et le cycle d’une petite fourmi noire que vous trouverez dans les talus». Je suis revenu au labo avec un tube plein d’ouvrières noires, la plus petite que j’avais trouvée en grattant les talus sous la neige en décembre ! Je montre le tube au Maître. "Oui, c’est bien Plagiolepis». Voilà comment ont commencé mes années Plagiolepis. Avec le Rémy Perrier comme seul ouvrage dans la bibliothèque du labo je n’avais connaissance que de P. pygmaea, seule espèce de Plagiolepis citée. Ce n’est que des années plus tard que j’appris l’existence d’un P. vindobonensis. Avec le doute d’avoir mélangé dans mes résultats des données obtenues avec pygmaea et/ou vindobonensis ! C’est bien loin tout ça ! " (mail du 14 novembre 2025).
Voir aussi Plagiolepis alluaudi, Petite fourmi jaune (Little yellow ant) invasive en Floride et une vidéo sur P. xene, sur P. pygmaea.
Voir P. xene dans Inf'OPIE-MP n°39

Une nouvelle fourmi invasive selon Seifert (2020) : Plagiolepis invadens dans le groupe P. schmitzii. Une super-colonie dans un jardin en Allemagne et qui envahit la maison en 2016.
Réf
- Degueldre,
F., P. Mardulyn, A. Kuhn, A. Pinel, C. Karaman, C. Lebas, E. Schifani, G. Bracko,
H. Wagner, K. Kiran, L. Borowiec, L. Passera, S. Abril, X. Espadaler and S.
Aron (2020). Evolutionary history of inquiline social parasitism in Plagiolepis
ants. Molecular Phylogenetics and Evolution. Sous presse,. doi: 10.1016/j.ympev.2020.107016.
Pdf
- Mercier B., Passera L., Suzzoni J. P. (1985) Etude de la polygynie
chez la fourmi Plagiolepis pygmaea Latr. (Hymenoptera: Formicidae). II - La
fécondité des reines en condition expérimentale polygyne.
Insectes soc. 32, 349-362.
- Mercier B., Passera L., Suzzoni J. P. (1985) Etude de la polygynie chez la
fourmi Plagiolepis pygmaea Latr. (Hymenoptera: Formicidae). I - La fécondité
des reines en condition expérimentale monogyne. Insectes soc. 32, 335-348.
- Seifert,
B. (2020). Revision of the Plagiolepis schmitzii group with description of Pl.
invadens sp. nov. - new invasive supercolonial species (Hymenoptera: Formicidae).
Dtsch. Entomol. Z. 67: 183-196.