Plagiolepis

Alain Lenoir Mis à jour 12-Aoû-2026

Les fourmis Plagiolepis ont été étudiées par Georges Le Masne et Luc Passera (avec aussi la thèse de Béatrice Mercier -  2 articles). Le Masne a découvert deux espèces parasites obligatoires sans ouvrières, P. xene et P. grassei. Voir extrait de thèse de L. Passera

La sytématique des Plagiolepis est compliquée. Un bel article sur la phylogénie des Plagiolepis et de l'inquilinisme. La règle d'Emery qui dit que ces parasites ont évolué à partir d'espèces proches par spéciation sympatrique est confirmée. Dans les données on y trouve Plagiolepis delauderrei, parasite inquilin en illustration morphologique des spécimens que Claude Lebas a pu trouver en Corse à l'île Rousse une seule fois. Il y aurait une variabilité du nombre de dents aux mandibules selon Janine Casewitz-Weulersse, la descriptrice de l'espèce (Degueldre et al 2020). On ne connaissait que P. pymaea puis P. taurica décrite d'Ukraine, puis plus tard vindobonensis décrite d'Autriche, puis quelqu'un a montré que vindobonensis est synonyme de taurica donc tout le monde a appelé taurica ce qui n'était pas pygmaea en Europe. Puis Seifert a montré qu'il y avait 2 espèces distinctes au sein de ce qui était appelé taurica : à l'ouest pyrenaica et à l'est taurica au sens strict. Chez nous que pyrenaica, taurica plus à l'est, à partir de l'Europe centrale jusqu'en Russie.

Selon Luc Passera, André Ledoux lui a donné son sujet de thèse "«Passera, pour votre thèse de troisième cycle vous étudierez  la morphologie et le cycle d’une petite fourmi noire que vous trouverez dans les talus». Je suis revenu au labo avec un tube plein d’ouvrières noires, la plus petite que j’avais trouvée en grattant les talus sous la neige en décembre ! Je montre le tube au Maître. "Oui, c’est bien Plagiolepis». Voilà comment ont commencé mes années Plagiolepis. Avec le  Rémy Perrier comme seul ouvrage dans la bibliothèque du labo  je n’avais connaissance que de P. pygmaea, seule espèce de Plagiolepis citée. Ce n’est que des années plus tard que j’appris l’existence d’un P. vindobonensis. Avec le doute d’avoir mélangé dans mes résultats des données obtenues avec pygmaea et/ou vindobonensis ! C’est bien loin tout ça ! " (mail du 14 novembre 2025). 

Voir
Garcia F., Cuestas-Segura A.D., Espadaler X. 2026. Notes on Iberian parasitic Plagiolepis Mayr 1861 ants, with the first Iberian records for Plagiolepis ampeloni (Faber, 1969) (Hymenoptera: Formicidae). Notas sobre las hormigas Plagiolepis Mayr, 1861 parásitas en la península ibérica, las primeras citas ibéricas para Plagiolepis ampeloni (Faber, 1969) (Hymenoptera, Formicidae). Graellsia 82 (1-2) enero-diciembre 2026, e818 ISSN-L: 0366-0176, eISSN: 2253-6167 https://doi.org/10.3989/graellsia.2026.v82.818. Pdf
Le genre de fourmis Plagiolepis Mayr, 1861, comprend cinq espèces parasites sociales de P. pygmaea. Deux de ces espèces, Plagiolepis grassei Le Masne, 1956 et Plagiolepis xene Stärcke, 1936, étaient déjà connues dans la péninsule ibérique. Dans cet ouvrage, une troisième espèce parasite, Plagiolepis ampeloni (Faber, 1969), est ajoutée. La répartition connue des trois espèces parasites de Plagiolepis qui habitent la péninsule Ibérique est examinée et de nouvelles citations sont présentées. La morphologie de toutes les espèces est discutée et une description plus précise de toutes les castes de P. grassei est proposée, car une description formelle de l’espèce n’a jamais été publiée. On parle aussi de P. pyrenaica.

Le 7 juillet 2026 j'ai demandé à Luc Passera ce qu'il pensait de cet article. Sa réponse : "Cet article que tu me signales. Il me ramène bien loin dans le passé ! Lorsque j’ai trouvé des sociétés de Plagiolepis avec des grassei j’ai bien sûr communiqué avec Le Masne. J’ai fais mes petites recherches concernant la biologie. Elles sont été publiées sous mon nom ou en collaboration avec Serge et Laurent. Bien sûr j’ai fait remarquer à Le Masne qu’il n’avait jamais publié la description morphologique de grassei. Comme à son habitude, Le Masne avait des tas de notes enfouies dans un tiroir. Ma trouvaille l’ayant sans doute réveillé, il m’a proposé de reprendre ensemble la description de la bestiole. Je me suis beaucoup investi dans ce travail, les échanges ont été nombreux…mais il y avait toujours un petit quelque chose qui retardait la fin du travail. C’est typique de la façon dont travaillait Le Masne : la recherche de la perfection. Et comme elle n’existe pas puisqu’on peut toujours faire mieux, le travail reste inachevé enfoui dans un classeur.  C’est ce qui s’est passé avec ce grassei. Je ne suis pas du genre à insister. De guerre lasse j’ai abandonné et la description n’est jamais parue. Je l’ai beaucoup regrettée car la bestiole devait porter nos deux noms et surtout c’était pour moi une fierté de publier avec ce myrmécologue que j’admirais tant. J’ajoute que tout ceci se déroulant en 1968  bien avant l’irruption de l’ordinateur de bureau dans nos laboratoires, les diverses ébauches étaient consignées sous forme manuscrite ou dactylographiée. Elles remplissaient les classeurs suspendus…abandonnés lors du départ à la retraite. Le travail de Garcia et al. est le bienvenu. Il souligne la contribution devenue essentielle des Investigador independiente comme se nomment Garcia et Cuesta-Segura. Nous avons les nôtres de ce côté des Pyrénées. Je pense bien sûr à Claude Lebas ou Galkowski. Ainsi vont les choses quand les institutionnels qui disparaissent ne sont plus remplacés… C’est une autre histoire ! "

Voir aussi Georges Le Masne. 1956. Recherches sur les fourmis parasites. Plagiolepis grassei et l'évolution des Plagiolepis parasites. Bull. Soc. Ent. Fr, 13 août 1956. Pdf

Voir aussi Plagiolepis alluaudi, Petite fourmi jaune (Little yellow ant) invasive en Floride et une vidéo sur P. xene, sur P. pygmaea.

Voir P. xene dans Inf'OPIE-MP n°39

Une nouvelle fourmi invasive selon Seifert (2020) : Plagiolepis invadens dans le groupe P. schmitzii. Une super-colonie dans un jardin en Allemagne et qui envahit la maison en 2016.

Réf
- Degueldre, F., P. Mardulyn, A. Kuhn, A. Pinel, C. Karaman, C. Lebas, E. Schifani, G. Bracko, H. Wagner, K. Kiran, L. Borowiec, L. Passera, S. Abril, X. Espadaler and S. Aron (2020). Evolutionary history of inquiline social parasitism in Plagiolepis ants. Molecular Phylogenetics and Evolution. Sous presse,. doi: 10.1016/j.ympev.2020.107016. Pdf
-  Mercier B., Passera L., Suzzoni J. P. (1985) Etude de la polygynie chez la fourmi Plagiolepis pygmaea Latr. (Hymenoptera: Formicidae). II - La fécondité des reines en condition expérimentale polygyne. Insectes soc. 32, 349-362.
- Mercier B., Passera L., Suzzoni J. P. (1985) Etude de la polygynie chez la fourmi Plagiolepis pygmaea Latr. (Hymenoptera: Formicidae). I - La fécondité des reines en condition expérimentale monogyne. Insectes soc. 32, 335-348.

- Seifert, B. (2020). Revision of the Plagiolepis schmitzii group with description of Pl. invadens sp. nov. - new invasive supercolonial species (Hymenoptera: Formicidae). Dtsch. Entomol. Z. 67: 183-196.