Pollution plastique 

Mis à jour le 20-Aoû-2026 19:13

 

Plastic pollution meets biological invasions: a systematic review of emerging interactions. Diana Sousa, Ronaldo Sousa, Janeide Padilha. NeoBiota 108: 251–276 (2026) DOI: 10.3897/neobiota.108.163842
Chercheurs du Portugal

Résumé
La pollution plastique et les invasions biologiques sont deux des moteurs les plus répandus et persistants du changement écologique. Bien que tous deux aient été largement étudiés isolément, leurs interactions potentielles restent peu comprises. Cette revue synthétise 146 articles scientifiques évalués par des pairs publiés jusqu’en décembre 2024, fournissant la première évaluation mondiale de la recherche à l’intersection entre la pollution plastique et les invasions biologiques. Nous avons constaté que la littérature est taxonomiquement étroite, géographiquement biaisée et méthodologiquement fragmentée. La recherche porte sur les invertébrés aquatiques, en particulier les mollusques et les arthropodes, et se limite largement aux microplastiques, avec une attention limitée aux mésoplastiques, nanoplastiques ou systèmes terrestres. La plupart des études utilisent des tests écotoxicologiques standardisés en laboratoire ou sur le terrain, laissant largement sous-explorés les processus écologiques plus larges, tels que les interactions contexte-dépendante au niveau population, communauté et écosystème, la modification de l’habitat par des espèces non indigènes interagissant avec des débris plastiques et les perturbations causées par le plastique dans le fonctionnement et les services écosystémiques, largement sous-explorés. Malgré ces limitations, nous avons identifié trois voies récurrentes par lesquelles les plastiques et les invasions biologiques interagissent : (1) la dispersion et la colonisation des espèces non indigènes via des débris plastiques ; (2) modifications des interactions biotiques et (3) l’utilisation expérimentale d’espèces non indigènes pour évaluer la toxicité plastique, en mettant l’accent sur les réponses physiologiques spécifiques à chaque espèce. Ces interactions peuvent influencer la dynamique de la bioaccumulation, le transfert de contaminants à travers les niveaux trophiques et compromettre la résilience des écosystèmes envahis. Nos résultats mettent en lumière des lacunes clés en recherche, notamment l’intégration limitée des réponses écologiques dans les écosystèmes naturels, la sous-évaluation de nombreux groupes taxonomiques et l’absence d’analyses comparatives explorant comment les espèces non indigènes peuvent agir comme vecteurs de transport plastique et de bio-accumulation. Cette situation implique la nécessité d’approches plus mécanistes, sensibles au contexte et interdisciplinaires. Nous insistons également sur la nécessité d’intégrer la pollution plastique dans les évaluations des risques non indigènes et les projets de gestion. Renforcer la standardisation méthodologique et l’engagement du public, par exemple par la science citoyenne, sera essentiel pour traiter les impacts combinés de ces deux facteurs de stress mondiaux et en atténuer les impacts.

C'est en Chine et aux USA qu'il y a eu le plus de recherches. Le polyéthylène, le polystyrène et le polypropylène sont les plus courants. Les phtalates ne sont pas cités, ou sont dans les "other". Les arthropodes et les mollusques sont les plus touchés.