Gaston Richard (1920-2012)

Mis à jour le 26-Jui-2026

Gaston Richard a été professeur d'université à Rennes. Il a été l'un des promoteurs de l'éthologie en France et était très influent. Tout le monde le connaissait et a appris avec stupéfaction son emprisonnement en 1977.

En juin 2026 j'ai rencontré un professeur qui a enseigné à la prison de Chateauroux et l'a connu dans les années 80 'L'enseignant qui officiait était un homme d'une cinquantaine d'annés très digne dans sa blouse blanche. A l'interclasse, il ne sortait jamais. Il habittait sur place car c'était un ancien professeur d'université qui avait tué sa femme, l'avait découpée en morceaux, et l'avait enterrée dans son jardin." (Lassabe François, A nos Zenmours 2017, p. 76)

Voir Le Monde du 28 mai 1977 sur le procès, condamé à perpétuité, il avait 57 ans

Voir le site Le nid de pie 25 juin 2026
Gaston Richard, lui, soutient une thèse sur le phototropisme, l’orientation par rapport à la lumière des termites. Puis, il consacre la majorité de sa carrière à l’influence de l’environnement sur les comportements ainsi que sur l’ontogenèse, le développement de l’individu au cours de sa croissance. Il participe à la création de la station biologique de Paimpont en 1967, rattachée à l’université de Rennes où il est en poste. Le but premier de la station est de proposer aux étudiant.es des journées de terrain pour faire des observations en milieu naturel, sur la faune et la flore locales. C’est aussi suite à l’impulsion de Richard que se créé la Société française pour l’Étude du Comportement Animal (SFECA) qui fédère ainsi pour la première fois les éthologues français et diffuse leurs recherches en dépit de leurs divergences d’intérêts politiques et thématiques. Richard, contrairement à Chauvin, cherche à ouvrir la communauté éthologique française à l’international.
Richard quant à lui est emprisonné en 1975 pour l’assassinat de son épouse Nelly qu’il a étranglé lors d’un acte sexuel avant de l’enterrer dans son jardin. Il est arrêté à son retour du colloque de Parme où il a présenté ses travaux comme si de rien n’était. Alors que la peine de mort était encore d’actualité, le professeur plaide devant le tribunal une réaction instinctive dont il ne pouvait se défaire au moment de l’acte, ce qui ne manque pas de sel vu son combat scientifique et idéologique contre la vision mécanique des comportements instinctifs de Lorenz. Il est condamné à la réclusion perpétuelle en 1977.
Si l’affaire a fait grand bruit à l’époque et a ébranlé à juste titre le laboratoire de Rennes et le monde de l’éthologie française de manière irrémédiable, Richard a été peu à peu effacé des mémoires collectives. Il n’a pas de page Wikipedia par exemple et trouver des informations précises sur ses travaux relève du défi. Pourtant, à mon sens, ce serait plus judicieux de parler de lui et de ses découvertes, sans pour autant effacer ce qu’il a commis. Les féminicides ne sont pas des moments d’égarement (ou des « moments de démence » comme j’ai pu le lire) et même des scientifiques brillants, blancs, issus de classes sociales élevées, des notables à priori respectables, peuvent s’en rendre coupables.

Avec Rémy Chauvin (date ?) :