Rachel Carson (1907 - 1964)

Mis à jour le 02-Mai-2022

                            

Silent Spring (1962, traduction 1963 puis 2011 avec préface d'Al Gore). Ce livre a été notre livre de chevet qui a éveillé nos consciences d'écologistes dans les années post68. Rachel Carson a signalé que les oiseaux au printemps ne chantaient plus à cause de l'usage incontrôlé des pesticides, en particulier le DDT qui amoindrit la coquille et les oeufs s'écrasent sous le parent qui couve. Elle a combattu cet usage contre la fourmi de feu, des millions de dollards dépensés sans succès autre que d'empoisonner l'environnement. Voir le texte

     

N'oublions pas la campagne scandaleuse de l'agrochimie contre le livre de R. Carson bien sûr traitée de communiste. Un exemple : « si l'homme devait suivre les enseignements de Miss Carson, nous retournerions au Moyen Âge, et les insectes, les maladies et la vermine hériteraient une nouvelle fois de la Terre ». En 2007 pour le centenaire de sa naissance un sénateur républicain écrivait que « l'on s'était enfin débarrassé de la science de pacotille et de la stigmatisation du DDT - l'insecticide le plus économique et le plus efficace de la planète ». (Wikipedia).

Stéphane Foucart dans sa chronique du Monde, du 25-26 avril 2021, à propos de l'approche "One Health" parle des effets à long terme du DDT :
"Dans une étude publiée le 14 avril dans la revue Cancer Epidemietogy: Biomarkers Prevention et passée inaperçue en France, Mme Cotin et ses coauteurs sont parvenus à établir une association entre l'exposition au DDT (un célèbre pesticide), dans les années 1960, de femmes californiennes et la susceptibilité au cancer du sein de leurs petites-filles - des jeunes femmes d'aujourd'hui. En 2015, la même équipe avait déjà montré que les filles dont les mères appartenaient au quart de la population la plus exposée au DDT avaient, autour de la cinquantaine, un risque presque quadruplé de cancer du sein, par rapport à celles dont les mères avaient été le moins exposées.
Cette fois, en examinant les filles des filles de ces femmes californiennes exposées au DDT il y a six décennies, les mêmes auteurs suggèrent la persistance d'une prédisposition au risque de cancer du sein celles dont les grand-mères avaient les taux de DDT les plus élevés ont un risque doublé d'obésité et de puberté précoce. Deux facteurs de risque reconnus pour le carcinome mammaire. Bien sûr, la causalité n'est jamais démontrée par une étude observationnelle isolée, mais ces travaux sont cohérents avec les conclusions de nombreux autres. S'agissant d'une maladie qui touche une femme sur huit à une femme sur sept au cours de sa vie, ils pourraient revêtir une importance considérable en termes de santé publique.
Si l'histoire du DDT illustre si bien le fameux "One E-lealth", c'est que la bataille contre ce pesticide - interdit en 1972 aux Etats-Unis - a d'abord été celle des environnementalistes, plutôt que celle des autorités sanitaires et des médecins.. Jusqu'à la fin des années 1970 et même au-delà, les possibles effets délétères du produit sur les humains sont demeurés controversés. En revanche, ses dégâts sur la faune sauvage - en particulier les oiseaux - étaient eux, sans équivoque depuis les années 1950.
Mais les oiseaux, qui s'en souciait ? En 1962, dans son célèbre livre Printemps silencieux, la biologiste Rachel Carson a été la première à alerter publiquement sur le sujet. En dépit de la rigueur de son magnum opus, elle fut (et demeure) moquée et dénigrée, raillée pour sa sensiblerie » et son "hystérie" écologiste. En réalité, Rachel Carson ne faisait qu'appliquer les principes de l'approche "One Health", cinquante ans avant que cela ne devienne un élément de langage à la mode. L'environnementalisme d'hier était, en somme, un engagement pour la santé publique d'aujourd'hui. Il n'est pas certain que ceux qui enfourchent ces jours-ci ce cheval de bataille réincarné en slogan politique en aient vraiment conscience.
"

- Foucart, S. (2021). « One Health » à toutes les sauces Le Monde. 25-26 avril 2021. p.29. (voir le pdf)