Julie Campana
Mis
à jour le
25-Aoû-2026
Encore une étude fascinante sur les fourmis au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Merci Max Huber, 15 juin 2026 : Ce que les fourmis doivent à la mer, par Julie Coquart, journaliste scientifique. Fait référence à un bel article de Julie Campana, postdoc au muséum.
Le succès écologique et évolutif des fourmis a souvent été associé à la diversification des plantes à fleurs », précise la spécialiste en biologie évolutive, première autrice d’une étude réalisée par une équipe internationale. Ces travaux mettent en évidence le rôle déterminant des changements environnementaux passés, et notamment celui longtemps sous-estimé des variations climatiques, dans l’évolution des fourmis, présentes sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.
Nous avons testé différents scénarios de diversification, combinant des taux de spéciation et/ou d’extinction constants, variables au cours du temps ou dépendants des facteurs environnementaux, poursuit la chercheuse. Pour ces derniers, nous en avons considéré quatre : la diversité des plantes à fleurs, celle des plantes à graines nues (comme les conifères), la température et le niveau de la mer. » Ainsi, 22 scénarios ont été évalués pour l’ensemble des espèces de fourmis, réparties en 30 tribusInfobulle. Et, surprise, les résultats montrent que la diversification des plantes à fleurs n’est pas le seul moteur de leur évolution. « Les variations passées de la température et du niveau de la mer expliquent souvent mieux les patrons de diversité observés chez certaines tribus », précise la chercheuse. Comment expliquer l’influence du niveau de la mer ? Au cours des temps géologiques, les fluctuations du niveau marin ont modifié la surface des continents, créé ou supprimé des barrières géographiques et isolé des populations. Ces changements ont pu favoriser l’apparition de nouvelles espèces ou, au contraire, provoquer leur disparition.
Julie L. M. Campana et al. Testing tribe-specific macroevolutionary responses to paleoenvironmental changes in ants, and the impact of taxon sampling on diversification analyses, Royal Society Open Science, 10 juin 2026. DOI :https://doi.org/10.1098/rsos.251825
Travail cité par Nathaniel Herzberg dans Le Monde du 1er juillet 2026 : Température et mer créent la spéciation des fourmis. Pdf
Julie Campana est posdoc au MNHN. Mail du 24 août 2026 : "Je vous remercie de tout l'intérêt que vous avez porté à notre travail et pour votre article.
Nos recherches ont été passionnantes et j’espère pouvoir un jour retravailler sur ce groupe si extraordinaire.
Aujourd’hui, je suis en charge du projet EDGE France au MNHN (site).
Je donne également des cours sur la biodiversité à l'ENSI Poitiers et à Sciences Po Paris.
J’espère ainsi sensibiliser les futurs décideurs à l’importance de préserver la biodiversité pour l’avenir de notre belle planète qui est aujourd’hui en grand danger.
Je vous souhaite une très bonne continuation avec votre site qui participe aussi à mieux faire connaître toute la complexité et la beauté du monde vivant."