Mycorhizes

Alain Lenoir mis à jour 05-Oct-2026

Le rôle des mycorhizes dans les écosystèmes arrive dans l'actualité y compris pour les fourmilières. Les nids de fourmis rousses Formica polyctena en Allemagne semblent en réalité plutôt défavorables à la prolifération des mycorhizes racinaires venant des arbres voisins, mais si le nid meurt ou est abandoné c'est au contraire un terrain favorable (Jilkova et al 2017). Par contre la composition des morphotypes de mycorhizes ne change pas selon le type de nid, ce qui est favorable si le nid est abandonné (Jilkova et al 2019).

Suite au livre de Peter Wohlleben La vie secrète des arbres, de nombreux articles reprennent l'idée de communication entre les arbres et le rôle des mycorhizes est fondamental (voir par exemple Keim 2019).

Marc-André Selosse (2018) écrit un article très intéressant sur les mycorhizes, véritables suports de la vie terrestre qui ont permis la colonisation de la terre. Sans doute à rechercher chez les fourmis associées aux plantes.

Le rôle des mycorhizes (champignons et bactéries) apparait de plus en plus fondamental dans les écosystèmes et la recherche de nouvelles variétés de plantes (Rosier 2021).

Pando, clone de peupliers Opulus tremuloides dans l'UTAH avec mycorhize géant.
Selon Tatiana Giraud (mail du 5 octobre 2026) "il y a quelques mutations somatiques dans les peupliers, mais bon, ça fait juste quelques petits variants, ça n'empêche que c'est une même lignée clonale."
Voir Pineau, R. M., et al. (2026). "Mosaic of somatic mutations in one of Earth’s largest organisms, Pando." bioRxiv: 2024.2010.2019.619233. Pdf
Bien que la biologie évolutive se concentre traditionnellement sur la propagation des mutations au sein des populations, la dynamique de la propagation mutationnelle chez les individus, en particulier chez les organismes clonalement à longue durée de vie, reste peu comprise. Nous examinons ici la structure génétique de « Pando », le plus grand clone connu de tremble tremble (Populus tremuloides) sur Terre. Nous avons séquencé plus de 500 échantillons à travers Pando et les clones voisins, incluant plusieurs types de tissus. À des échelles spatiales fines, nous avons détecté une structure génétique significative, notamment dans les tissus foliaires, mais ce signal s’est affaibli sur de plus grandes distances, suggérant soit une croissance rapide des racines homogénéisant le système au fil du temps, soit des mécanismes empêchant la transmission généralisée des mutations. Les analyses phylogénétiques situent Pando entre 12 000 et 37 000 ans, soutenues par la présence continue de pollen de peuplier dans les sédiments lacustres voisins. Les tissus ont accumulé des mutations à des rythmes différents, les feuilles montrant des charges de mutation significativement plus élevées que les racines ou les branches. Ce travail fournit la première estimation quantitative de l’âge de cet organisme remarquable et offre des premières perspectives sur la dynamique spatiale de la mutation somatique dans une plante clonale massive. Bien que notre approche de séquençage à représentation réduite limite la détection de variants rares, ces résultats établissent une base pour comprendre comment les organismes modulaires à longue durée de vie accumulent et distribuent la variation génétique, des questions qui bénéficieront d’un séquençage complet à large couverture à l’avenir entre les tissus.

 

Voir
- Jílková, V., M. Vohnik, J. Dauber, A. Marten, H. Simackova and J. Frouz (2017). Low root biomass and occurrence of ectomycorrhizal exploration types in inhabited wood ant (Formica polyctena) nests in a temperate spruce forest. European Journal of Soil Biology 79: 57-62.
- Jílková, V., M. Vohník, O. Mudrák, H. Šimácková and J. Frouz (2019). No difference in ectomycorrhizal morphotype composition between abandoned and inhabited nests of wood ants (Formica polyctena) in a central European spruce forest. Geoderma 334: 55-62. doi: https://doi.org/10.1016/j.geoderma.2018.07.040.
- Keim, B. (2019). Comment ils [les arbres ] communiquent entre eux. Courrier International 1520, 19déc2019-8janv2020: p. 33-35. Interview de Suzanne Simard (Canada).
- Rosier, F. (2021). Les racines du futur. Le Monde. 2 juin 2021. p.20-21.
- Selosse, M.-A. (2018). Mycorhize, la symbiose qui fait la vie. Pour la Science n° 494, décembre 2018: p. 66-73. Pdf