Incendies
Alain Lenoir
Mis à jour
25-Jul-2026
Quand les forêts sont
incendiées, les fourmis sont parmis les premiers animaux à ressortir
; après les incendies au sud de Sidney en fin 2001, Frédéric
Therin, le journaliste du Monde note comme première impression : "Une
fourmi s'avance rapidement sur le sol noir comme du charbon" (18 janvier
2002).
En été 2025, nous sommes en pleine période d'incendies dont l'intensité devient incontrôlable. Voir Le Monde du 9 août 2025 : Damien Ballerau, Contre les incendies, prévention et lutte sont indispensables. Pdf.
Les singes aussi savent exploiter les incendies, par Hervé Morin, Le Monde 4 mars 2026. Pdf
Oui, les incendies font partie de la vie de la nature
et des animaux comme les singes savent en profiter.
Ce qui se passe pour les fourmis est à l'étude à Donana (Andalousie). Voici par exemple deux photos de Xim Cerda 
et des Messor marocanus au même endroit : 
La discussion de Xim Cerda dans l'un de ses papiers (mail 21 juillet 2026) :
Certaines études ont montré que la structure taxonomique des communautés de fourmis peut se rétablir complètement assez rapidement (en 1 à 8 mois ; Parr et al., 2004 ; Verble-Pearson et Yanoviak, 2014) et que les fourmis pourraient même faire partie de la première vague de colonisateurs après des incendies de forêt (Antunes et al., 2009). Cependant, d’autres études ont montré que la structure de la communauté de fourmis n’est peut-être pas complètement rétablie, même huit ans plus tard (Arnan et al., 2006). Cette variabilité peut être influencée par le type de forêt, qui influence la dynamique de rétablissement forestier (Arnan et al., 2006) et/ou la capacité des fourmis à persister dans des conditions post-incendie (Parr et al., 2004). Après un incendie, la diversité taxonomique et fonctionnelle des fourmis peut diminuer en raison de changements de structure de la végétation (Arnan et al., 2007), de température (Arnan et al., 2014 ; Raymons et al., 2013), l’aridité (Arnan et al., 2018), la disponibilité des ressources (Lazaro-Gonzalez et al., 2013), et les propriétés fonctionnelles des sols (Antunes et al., 2009). En effet, certaines espèces de notre zone d’étude — notamment celles qui ont de fortes associations avec la végétation (par exemple, Crematogaster scutellaris, Lasius myops et Camponotus lateralis) et/ou qui ont des modes de vie cryptiques (par exemple, les espèces de Temnothorax) — ne peuvent pas faire face aux nouvelles conditions environnementales. Plus précisément, la température et l’aridité augmentent en raison des conditions post-incendie, car la couverture auparavant fournie par la canopée arborée a disparu. Cette situation peut intensifier les effets négatifs de l’incendie et réduire la diversité des stratégies d’acquisition alimentaire représentées au sein de la communauté (Arnan et al., 2018), entravant ainsi la reprise. Il est important de noter que les contraintes pratiques de l’échantillonnage entravent la réplication.