Jérôme Orivel     

Alain Lenoir Mis à jour 29-Avr-2020

Chercheur CNRS à ECOFOG (Kourou, Guyane)

Thèse : L'adaptation à la vie arboricole de la fourmi Pachycondyla goeldii (Hymenoptera Ponerinae). Soutenue en 2000 sous la direction d'Alain Dejean à Paris13-Villetaneuse. HDR à l'Université Paul Sabatier Tououse III en 2007. Pdf de l'HDR

La Station de recherche scientifique des Nouragues a accueilli en son sein, la 17ème édition de Ant Course, une école thématique sur les fourmis organisée à la fois par le LabEx CEBA représenté par Jérôme Orivel du laboratoire Ecofog, ainsi que la California Academy of Sciences représenté par Brian L. Fisher.

En 2016 en forêt :

En 2009 :    

En 2004 :

A participé au film "Le jardin des fourmis - Guyane française" (2004) :

En 2000 en postdoc en Israël :

Voir
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- Goudet, J.-L. (2005) Fourmis : une armée de tueuses aux pièges redoutables ... futura-sciences, 25 avril 2005. Lien
- Mangez, M. (2016). Guyane : à la recherche d'espèces inconnues. çà m'intéresse Avril 2016: p. 26-29. Pdf
- Des chercheurs, des insectes et des plantes.
Film CNRS (2010) Auteur réalisateur Dalaise Marcel, CNRS Meudon. Conseillers scientifiques Alain Dejean et Bruno Corbara. Vidéo sur Internet

Résumé de la thèse
Pachycondyla goeldii
est l'une des rares especes de fourmis primitives de la sous-famille des ponerineè qui soit strictement arboricole. Or, la vie arboricole est un caractere apparu secondairement chez les fourmis et partagé principalement par des especes dites évoluées. Les aspects de la biologie de P. goeldii ont donc été étudiés afin de déterminer dans quelle mesure cette espece pouvait être qualifiée d'évoluée parmi les fourmis primitives. Le sol et le milieu arboricole sont deux environnements qui diffèrent par de nombreux paramètres. Parmi ceux-ci, la structure meme du milieu arboricole nécessite l'existence de pelotes adhésives pour une bonne adhésion lors des déplacements sur les plantes. Mais ce caractère est partagé par la tres grande majorité des espèces et ne constitue donc pas un critère de distinction, bien qu'il soit un pre-requis indispensable a l'apparition de la vie arboricole. Le nombre limite de sites de nidification favorables est un des principaux facteurs limitants du milieu arboricole. P. goeldii est l'une des rares espèces capables d'initier des jardins de fourmis, ce qui lui permet de s'affranchir de la dépendance vis-a-vis de structures préexistantes. L'ensemble des éléments comportementaux et écologiques concernant son mode de nidification, ainsi que l'existence de chenilles parasitant les épiphytes du jardin en presence de cette fourmi, montrent clairement que le mode de vie arboricole de P. goeldii n'est pas un phenomene récent. Par ailleurs, les associations préférentielles avec certains épiphytes qui peuvent être expliquées, au moins en partie, par la préférence de cette fourmi pour les milieux tres ensoleillés témoigne d'une certaine spécialisation voire d'une coadaptation. Ces résultats démontrent que l'élément essentiel a l'origine du succès de P. goeldii est de nature principalement comportementale. Le second élément important considéré concerne les ressources alimentaires. Le comportement prédateur des Pachycondyla arboricoles ne diffère pas de celui des terricoles et présente même des caractères qui peuvent etre vus comme étant archaïques. Néanmoins, la vitesse de déplacement des ouvrières de P. goeldii, couplée à la possession d'un venin fortement paralysant, lui permet de capturer et d'immobiliser la majorité des proies rencontrées. Les peptides anti-insectes du venin presentent des variations interspécifiques plus ou moins importantes dont certaines peuvent etre corrélées au mode de vie arboricole. L'adaptation comportementale de cette espece apparait donc favorisée par certaines modifications physiologiques.