Nanoparticules

Alain Lenoir mis à jour 14-Mai-2018

On utilise de plus en plus des nanoparticules dont le diamètre est inférieur à 100 nm. Ce sont des particules d'argent (AgNPs), d'oxyde de zinc (ZnO), d'oxyde de fer (Fe2O3), de noir de carbone ou de dioxyde de titane (TiO2 = E171) comme antimicrobiens dans l'industrie, les bonbons, dentifries et les produits de soins comme les crèmes solaires et les parfums. Ces produits traversent la barrière du cerveau (Anonyme 2011; Bencsik 2015). Il semble que cela pose des problèmes de toxicité au niveau cellulaire (stress oxydatif) (Zhang et al 2014). La toxicité des nanomatériaux est confirmé sur les rats, elle provoque une inflammation pulmonaire (Benkimoun 2013) ou du système immunitaire (60 millions de consommateurs 2017) et des dégradations des neurones (Xu et al 2013).

On commence à parler de nanotoxicologie, avec plus de 1000 publications (voir article récent sur dangers - (Le Hir 2014)), et pourtant la méfiance est traitée d’irrationnelle. C’est ainsi que l’appel de Heidelberg en 1992 fustigeait les « préjugés irrationnels » des défenseurs de l’environnement. On a ensuite découvert que l’industrie de l’amiante avait été à l’origine de cet appel (Foucart 2013). Des doutes de plus en plus sérieux sur leur nocivité apparaissent (Maleysson 2018).


Les nanoparticules semblent aussi nocives pour l'environnement, par exemple dans la culture du soja (Benkimoun 2012). Les nanoparticules d’argent ont une activité antimicrobienne marquée, ce qui pourrait poser des problèmes aux écosystèmes aquatiques (European Commission 2014)
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Quelle relation avec les fourmis ?

Les nanoparticules intéressent de plus en plus les producteurs de pesticides, en particulier pour la lutte contre les moustiques et les tiques. On a déjà relevé des effets des nanoparticles d'argent, d'oxyde de graphène sur les antioxydants et les enzymes détoxyfiantes entraînant un stress oxydatif et la mort cellulaire. Les nanoparticles d'argent réduisent l'activité de l'acétylcholinestérase, dérégulent les gènes pour la synthèse de la gondotrophine. SiO2 et Al203 se fixent sur la cuticule et provoquent une déshydratation (Benelli 2018 - voir un schéma du mode d'action des nanoparticules, c'est impressionnant).

Et les fourmis ? Oui, on vient de faire des essais de production de nanoparticules d'argent avec des extraits de larves d'oecophylles pour essayer de "verdir" le produits.. d'où le nom de l'article "Green synthesis ..."  (Khamhaengpol et Siri 2017).

Larve d'oecophylle

Voir
- 60 millions de consommateurs (2017) Analyse de nanoparticules, 11 septembre 2017. http://www.60millions-mag.com/2017/09/11/analyse-de-nanoparticules-11401
- Anonyme (2011). "nano" par dessus la barrière. Le Canard Enchaîné 9 novembre.
- Bencsik, A. (2015). Les nanoparticules nuisent-elles au cerveau ? Pour la Science: p. 14-17. Pdf
- Benkimoun, P. (2012). Les nanoparticules sont nocives pour la culture du soja. Le Monde: p. 7.
- Benkimoun, P. (2013). La toxicité des nanomatériaux confirmée par une étude américaine. Le Monde 8 mai. p. 5.
- Benelli, G. (2018). Mode of action of nanoparticles against insects. Environmental Science and Pollution Research 25(13): 12329-12341. 10.1007/s11356-018-1850-4
- European Commission, D. E. (2014). Silver nanoparticles could pose risk to aquatic ecosystems. Science for Environment Policy(394): 2.
- Foucart, S. (2013). Irrationalité(s). Le Monde 17-18 novembre. p. 19.
- Khamhaengpol, A. and S. Siri (2017). Green synthesis of silver nanoparticles using tissue extract of weaver ant larvae. Materials Letters 192: 72-75. http://dx.doi.org/10.1016/j.matlet.2017.01.076
- Le Hir, P. (2014). Alerte sur la toxicité de certains nanomatériaux. Le Monde 16 mai. p. 10
- Maleysson, F. (2018). Nanoparticules. Taille mini, doutes maxi. Que Choisir 566, Février 2018: p. 16-24. .
- Zhang, T., L. Wang, Q. Chen and C. Chen (2014). Cytotoxic Potential of Silver Nanoparticles. Yonsei Medical Journal 55(2): 283-291. 10.3349/ymj.2014.55.2.283
- Xu, F., C. Piett, S. Farkas, M. Qazzaz and N. I. Syed (2013). Silver nanoparticles (AgNPs) cause degeneration of cytoskeleton and disrupt synaptic machinery of cultured cortical neurons. Molecular Brain 6: 29-29. 10.1186/1756-6606-6-29