Dinoponera quadriceps, fourmi tortionnaire ou fourmi sadique 

L'un des premiers exemples de hiérarchie décrits est celui de Dinoponera quadriceps, du Brésil, dans la thèse de Thibaud Monnin (voir Monnin et al 2002).

Dinoponera quadriceps, la fourmi terrible, est une des plus grosses qui existent avec ses 3 centimètres de long. Cette espèce, contrairement à beaucoup d'autres, ne possède plus de reines. Potentiellement, toutes les fourmis femelles peuvent se reproduire. Dans la réalité, une seule femelle par colonie, dite femelle alpha, sorte de femelle dominante, se reproduit. La hiérarchie est linéaire chez ces fourmis, derrière Alpha se trouve Bêta, puis Gamma, puis toutes les autres dominées. Lorsque Alpha se sent menacée dans son rôle de reproductrice par une autre, alors là, pas de pitié, elle la fait éliminer du jeu (voir Briet 2002).

Fourmis tortionnaires. Chez les Dinoponera quadriceps, une espèce brésilienne, la fourmi alfa, dominante, vient parfois se frotter à l'une de ses rivales. Au passage, elle libère un produit chimique qui désigne la malheureuse à ses futurs tortionnaires. Les ouvrières de la colonie se relaient alors pour la molester et la mordre des jours durant. Selon Thibaud Monnin de l'université de Sheffield (Grande-Bretagne), si la victime en réchappe, elle ne récupère jamais son rang dans la hiérarchie. Notons que la fourmi alfa subit le même sort lorsqu'elle montre des signes de faiblesse, notamment une baisse de fécondité (Sciences et Avenir, octobre 2002, p. 14).

Voir
- Briet, S. (2018). La femelle dominante marque ses rivales et les fait torturer. La
Dinoponera, fourmi sadique. Libération 12 septembre 2002. Lien
- Monnin, T., L. W. F. Ratnieks, G. R. Jones and R. Beard (2002). Pretender punishment induced by chemical signalling in a queenless ant. Nature 419: 61-64.