Abeilles solitaires

Alain Lenoir mis à jour 14-Déc-2020

Les abeilles solitaires (aussi appelées abeilles sauvages) sont très importantes pour la pollinisation au printemps. Elles sont en plein déclin..

Pollinis, est une association qui se bat pour préserver les abeilles domestiques et autres pollinisateurs, elle aime aussi les fourmis :

La plupart des abeilles solitaires aiment les sols un peu sablonneux et dégagés où elles font leurs nids. Voici des exemples sur ma pelouse en plein sud où je ne fauche que rarement à l'automne :

            

    

Je cherche l'entrée de mon nid :    

La sortie prudente (mai 2019) :      

   Et hop je m'envole  

Des vidéos : Timide1, Timide2, La sortie (il y en a au moins 2 dans le nid)

Au lac des Gloriettes (65) en juin 2017 :

Sur les fleurs :      

et avec plein de pollen :    

Les abeilles solitaires sont aussi décimées par les pesticides. On peut favoriser leur reproduction avec des hôtels à insectes comme celui que j'ai chez moi. Il a fallu deux ans avant qu'elles s'installent dans les tubes de bambous ou les trous de planches.

                         

  une belle vidéo

Il y a en ce moment un débat entre les personnes qui veulent installer des ruches partout, même en ville et les défenseurs des abeilles sauvages pollinisatrices qui sont concurrencées par les abeilles domestiques. Voir par exemple Nourygat 2018. Tous les travaux semblent montrer que la concurrence est défavorable aux pollinisateurs (Hung et al 2018). Voir Ropars et al (2019 et Lebreton 2019) pour les abeilles en ville.

Les abeilles solitaires en danger ? Bel article dans Geo de décembre 2020 (Chavance et Sartore 2020) sur la compétition entre l'abeille domestique et les abeilles solitaires. On y trouve une interview de Bertrand Schatz, directeur de recherhcres au CNRS, qui dirige Pollinéco, un groupe de chercheurs européens sur les questions de pollinisation. (Pdf sur demande)
On parle beaucoup en ce moment de "L'omniprésence de l'abeille domestique qui représente un péril pour ses cousines sauvages." "Plus il y a de ruches, moins nous observons d'espèces sauvages ! " "«Ces idées reçues sont bien ancrées, y compris dans le milieu scientifique», observe l’écologue Juan Pedro González-Varo. Ce chercheur à l’université de Cadix (Espagne) a décidé de les combattre en publiant, en 2018, dans la revue Science, un article au titre provocateur : «La protection des abeilles à miel n’aide pas la faune sauvage.» «L’idée, dit-il, était de rappeler que l’abeille domestique est un animal d’élevage, comme une vache ou un cochon, et qu’elle peut nuire à la biodiversité.»" "A moins de 600m des ruchers, les abeilles sauvages récoltent en moyenne deux fois moins de nectar dans leur jabot." Selon Isabelle Dajoz, professeure à l'université de Paris "Mettre des ruches pour sauvegarder la biodiversité, c'est un peu comme lâcher des poules dans la nature pour aider les oiseaux en voie de disparition."

Je pense que tout cela est vrai, mais pendant ce temps-là on oublie que les pesticides sont sans doute au moins autant responsables de la disparition des abeilles sauvages.. On n'en parle pas.. Cela arrange bien les multinationales de l'agrochimie.

Dans cet article de GEO une belle page pour apprendre à reconnaître les principales abeilles solitaires :

Les insectides interdits en France comme l'imidaclopride et le diaméthoxane se retrouvent en Afrique où ils tuent les abeille sauvages et les abeilles domestiques (Caramel 2019).

Une bonne nouvelle pour les insectes pollinisateurs : le chalicodome des hangars (Megachile pyrenaica) de Fabre redécouvert dans la Drôme (Barnéoud 2019). Et une autre moins bonne : des abeilles sauvages aux îles Fidji pourraient disparaître avec le réchauffement climatique (voir Le Monde du 25 septembre 2019)

Voir
-
Barnéoud, L. (2019). Le retour de l'abeille maçonne des hangars. Le Monde Science & Médecine 19 juin 2019. p. 3. Pdf
-
Caramel, L. (2019). L'Afrique, déversoir potentiel pour des pesticides dangereux. Le Monde 16 novembre 2019. p. 7.
- Chavance, Y. and J. Sartore (2020). Nos abeilles, un danger pour la nature ? GEO. 502, décembre 2020. 110-121. (Lien)
- Hung, K.-L. J., J. M. Kingston, M. Albrecht, D. A. Holway and J. R. Kohn (2018). The worldwide importance of honey bees as pollinators in natural habitats. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 285(1870). 10.1098/rspb.2017.2140
- Lebreton, F. (2019) Trop de ruches en ville nuit à la biodiversité des abeilles. la-croix.com 29 oct 2019. En référence à l'article de Ropars et al 2019
- Nourygat, V. (2018). Arrêtez d'installer des ruches partout. Science & Vie Août 2018: p. 45. Pdf
- Ropars, L., I. Dajoz, C. Fontaine, A. Muratet and B. Geslin (2019). Wild pollinator activity negatively related to honey bee colony densities in urban context. PLOS ONE 14(9): e0222316. doi: 10.1371/journal.pone.0222316.