Le déclin des abeilles, un problème économique

Alain Lenoir mis à jour 17-Sep-2019

                          

Dessins dans Le Monde du 3 octobre 2014 Plantu; Le Monde 14 juillet 2011 Serguei; et Plantu Le Monde 29 juin 2017

Tout le monde a entendu parler du déclin des abeilles et le fameux cri d’alarme attribué à tort à Einstein « si les abeilles disparaissent, l’humanité disparaîtra en quatre ans ». Ce débat est amplifié par la mortalité considérable des abeilles américaines qui peut atteindre 30% et plus chaque hiver. En effet, les abeilles ne rentrent plus à la ruche et disparaissent. En 2006, on a appelé ce phénomène le Syndrome d’effondrement des colonies (CCD « Colony Collapse Disorder »). Or la moitié des apiculteurs américains ne produisent pas de miel mais louent leurs ruches aux producteurs de fruits et légumes. Cette mortalité entraîne une hausse du coût des locations, et parfois même une impossibilité de répondre à la demande. L’impact économique se fait déjà sentir (Foucart 2008). Il est actuellement impossible de dire exactement quelle est la cause de cet effondrement. C'est sans doute plurifactoriel avec un rôle de plus en plus démontré des pesticides. dans nos régions, l'abeille noire est la mieux adaptée mais en sursis car elle se croise avec les variétés nouvelles (Bolis 2018). Vincent Albouy et Yves Le Conte parlent de ce problème dans la réédition de leur livre "Nos abeilles en péril" (2019).

Plusieurs causes à cette mortalité sont invoquées comme le dit Gaëlle Dupont (2009), voir aussi un bel article de Michez et Vereecken dans la revue Espèces (2019), ils comptent 7 facteurs de déclin. On trouvera tout dans le livre de Stéphane Foucart "Et le monde devint silencieux"

1) Les pesticides sont bien connus depuis longtemps, par exemple un insecticide, le carbaryl utilisé en 1967 sur le coton qui a provoqué la mort de 70 000 colonies d'abeilles en Californie et 33 000 dans l'Etat de Washington. Plus récemment, les néonidotinoïdes sont bien sûr accusés, mais les firmes agrochimiques dépensent des sommes considérables pour déconsidérer les travaux accusateurs et pratiquent un lobbying intensif pour reculer l’interdiction de leurs poisons (voir (Nicolino and Veillerette 2007; Foucart 2013, 2019) – le scandale n’est pas seulement français !). Pourtant, de plus en plus de données montrent que les pesticides à doses infinitésimales agissent avec retard par exemple en affaiblissant le système immunitaire des abeilles. On sait que l’abeille (comme la fourmi) bénéficie de la vie en société pour se défendre contre des attaques de pathogènes (bactéries, virus, parasites, toxiques) grâce à divers comportements hygiéniques. En conséquence, l’évolution a éliminé un certain nombre de gènes de défense immunitaire moins utiles pour ces insectes, et cela a été confirmé par le séquençage du génome de l’abeille (The honey bee genome consortium 2006). Parmi ces gènes on trouve les cytochromes P450 monooxygénases (P450s) efficaces dans la détoxification des xénobiotiques. La plupart des insectes en ont 80 ou plus alors que l’abeille en a seulement 46. C’est ainsi que les acaricides (contre le varroa) comme le coumaphos et le fluvinate peuvent être détoxifiés par trois enzymes (Mao et al. 2013). Même si une étude de l’AFSSA en février 2008 (Faucon et al. 2008) « disculpe » ces pesticides en privilégiant la piste des autres causes comme les maladies et la gestion des cheptels (sic !), les pesticides restent un élément déterminant. L’imidaclopride réduit de 85% la production de nouvelles reines chez les bourdons et le poids des ruches est de 8 à 12% plus faible (Whitehorn et al. 2012). Chez l’abeille, les butineuses marquées avec des RFID et traitées au cruiser (thiamétoxane) se perdent plus souvent (en moyenne 30%; jusqu’à 43% vs 17% chez contrôles) (Henry et al. 2012, voir Foucart 2019 p. 196). En Chine, l’utilisation massive d’insecticides dans les vergers du Sichuan a entrainé la disparition des abeilles et les femmes fertilisent les arbres à la main (Thibault 2014). Le traitement de ruches à des doses sub-léthales avec de l’imidaclopride ou de la clothianidine (le poncho) montre que les abeilles désertent la ruche en hiver (Anonyme 2014; Lu et al. 2014). Les pesticides (fluvinate et coumaphos acaricides, chlorothalonil fongicide, et un solvant le pyrrolidone) affectent aussi le développement des larves qui sont bien plus sensibles que les adultes et dont la mortalité augmente comme cela a été montré en Pennsylvanie avec un effet parfois synergiste entre produits (Kievits 2014; Zhu et al. 2014). Un article de synthèse de spécialistes de plusieurs pays fait le bilan des travaux sur les effets des néonicotinoïdes et du fipronil sur les abeilles et tous les invertébrés. Il devient évident que ces insecticides ont des effets subléthaux sur les abeilles et une forte toxicité sur les autres invertébrés y compris aquatiques (Pisa et al. 2014). Voir l'article de Science (Sánchez-Bayo 2014). Les reines en particulier sont sévèrement affectées par les néonicotinoïdes (thiamethoxam et clothianidine) pour les ovaires et la spermathèque (20% de spermatozoïdes en moins), ce qui réduit leur production d’ouvrières et leur survie (Williams et al. 2015). De nouvelles études confirment la dangerosité des néonicotinoïdes sur les abeilles (Foucart 2017), en Angleterre (Woodcock et al 2016) puis sur trois pays d'Europe (Woodcock et 2017). Le bourdon (Bombus terrestris) et l'osmie rousse (Osmia bicornis) sont aussi touchés. Une autre étude au Canada sur les cultures de maïs confirme tous ces résultats (Tsvetkov et al 2017). L'EFSA vient de classer 3 substances néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxane et clothianidine) comme représentant un risque pour les abeilles (Foucart 2018a) et l'Europe les a interdits en avril 2018, il aura fallu attendre plus de 20 ans (Foucart 2018b). Gérard Arnold explique bien cela à Sud-Ouest avec une vidéo (Arnold 2018) et confirme que les taux de perte hivernales ne devraient pas excéder 5% (Foucart 2018c). Il dit aussi que la toxicité des pesticides n'a pas été correctement évaluée. Comble de l'ironie, les bourdons devienent acros au néonicotinoïde thiaméthoxane et en consomment plus (Arce et al 2018). On vient de montrer comment cela peut agir dans la colonie de bourdons Bombus impatiens où la reine exposée à de l'imidaclopride est moins active pour s'occuper des larves (Crall et al 2018, voir Morin 2018 et Raine 2018). Voir aussi "Pourquoi les abeilles disparaissent" (Cailloce 2016). Un nouveau pesticide de type néonicotinoïde : le sivanto, proche de l'imidaclopride, utilisé avec un fongicide, était déjà connu pour ses effets sur les abeilles (Campbell et al 2016, et même avec une alerte de l'EFSA toujours prudente..), mais soi-disant moins que la plupart des autres néonicotinoïdes ... En fait, les derniers travaux montrent bien la nocivité de ce pesticide (Tosi et al 2019). Le sivanto est interdit en Wallonie.

Selon Pollinis "La prolongation du thiaclopride, un néonicotinoïde tueur d’abeilles avéré, récemment validée par la Commission européenne en dépit des effets potentiellement dévastateurs pour les pollinisateurs et l'environnement… et celle du sulfoxaflor, un autre pesticide néonicotinoïde dernière génération, qui selon les scientifiques de l’EFSA, présente un « risque élevé » pour les abeilles et les bourdons sauvages… qui là encore, a été autorisé en 2014 malgré les mises en garde des experts, malgré la réglementation européenne sur la protection des pollinisateurs et l’obligation de tests abeilles avant toute approbation de nouveau produit mais que les autorités européennes ne prévoient pas de retirer du marché, malgré ces nouvelles données alarmantes !"

Un travail récent sur des abeilles du monde entier confirme bien que les trois quarts des miels sont contaminés par divers pesticides néonicotinoïdes (Mitchell et al 2017, voir Foucart 2017c). Avec prudence les auteurs écrivent que "Les concentrations de produits présenteraient un faible risque pour l’homme, mais sont susceptibles de provoquer des troubles pour les insectes."

   Le Monde du 7 octobre 2017

Le glyphosate pourrait être une cause possible supplémentaire du déclin des abeilles domestiques car il réduit l'abondance du microbiome, elles sont fragilisées, car plus sensibles à des bactéries pathogènes (Foucart 2018d).

Tout est très bien expliqué dans le livre de Stéphane Foucart (2019 - Et le monde devint silencieux. Comment l'agrochimie a détruit le monde des insectes, Seuil. 338p.)

Voir Fuck Mosanto   Pdf

Les émissions des véhicules diesel ne sont pas des pesticides mais peuvent brouiller la réception des odeurs émises par les fleurs et les abeilles et autres pollinisateurs sont désorientés (Haentjens 2013 - voir aussi le canard enchaîné du 27 novembre 2013 qui a peur pour les abeilles en ville..)

2) On a invoqué les ondes électromagnétiques, mais rien de très sérieux pour l’instant. Pourtant cela n’est pas à négliger, voir par exemple un article dans Biocontact (Giradi 2015) et les travaux de Marie-Claire Cammaerts sur les fourmis (Cammaerts et al. 2012) et les paramécies (Cammaerts et al. 2011). Pour en savoir plus sur les ondes

3) On a cru trouver l’explication miracle avec un virus nommé IAPV (Israeli Accute Paralysis Virus, parce qu’il a été décrit pour la première fois en Israël), que l’on trouve effectivement chez beaucoup d’abeilles frappées de CCD, mais pas toujours (Cox-Foster et al. 2007). En plus on vient de trouver que le virus existait déjà aux USA avant l’apparition du CCD. La question est de savoir pourquoi le virus devient mortel dans certains cas. On a ensuite trouvé deux autres virus, le virus de la paralysie aiguë (ABPV) et le virus apiaire du Cachemire (KBV) souvent associés au varroa, mais dont le rôle dans le CCD est discuté (Giraud 2014). Encore un autre virus : le DWV (Deformed Wing Virus) transmis aussi par le varroa et qui suit le commerce des abeilles (Sciama 2016). Les abeilles peuvent aussi transmettre leurs virus aux autres pollinisateurs (Sciama 2015). La réponse est peut-être dans le 1 : les abeilles sont fragilisées. Cette importance des virus semble être de plus en plus acceptée par la presse. C'est ainsi que Sc&Vie d'avril 2016 écrit en titre que le virus DWV "décime les ruches du monde entier" (Sciama 2016). Voir plus sur les virus.

4) Un étude récente a permis de découvrir un autre facteur : des mouches phorides parasites qui entrainent les ouvrières à sortir la nuit et en mourir. Par ailleurs le parasite est souvent associé au virus des ailes déformées et au Nosema cerenae dont il pourrait être vecteur (Core et al. 2012). Le Nosema a été considéré comme responsable du CCD pour les bourdons aux USA, diminution jusqu’à 90% pour certaines espèces (Cameron et al. 2011) (voir revue sur les champignons pathogènes (Fisher et al. 2012)).

5) Le frelon asiatique prédateur d'abeilles qui pose de plus en plus de problèmes aux apiculteurs, même si c'est peu important comapré aux autres effets cumulés comme ceux des pesticides.

Ensuite voir Michez et Vereecken dans la revue Espèces (2019)
6 ) La fragmentation et la perte des habitats, l'arrachage des haies
7 ) La diminution de la quantité de fleurs
8 ) Le réchauffement climatique

Actuellement on pense de plus en plus à des effets combinés stressants dus aux nouveaux parasites, pesticides et ... le manque de fleurs (Goulson et al. 2015).

J’ai eu l’occasion de rencontrer durant l’été 2008, lors d’un congrès, un grand spécialiste européen des abeilles, le professeur Karl Crasleim de Graz près de Vienne. Selon lui, les apiculteurs américains sont des industriels, avec parfois jusqu’à 40 000 ruches pour pallier la disparition des abeilles et autres pollinisateurs par exemple en Californie où l’on trouve d’immenses plantations d’amandiers. Plus d’un million et demi de ruches transhument ainsi par camions (Greth 2011). Ils ont donc inventé des méthodes de soins industriels (voir note 1). Les ruches destinées à la pollinisation sont bourrées d’antibiotiques de type tétracycline, en particulier pour lutter contre la loque américaine causée par des bactéries. Elles sont nourries avec des boulettes d’aliments mélangés d’origine souvent incontrôlée. Elles n’ont à butiner que les fleurs d’amandier dans un environnement traité à outrance par les pesticides. Les reines sont changées au bout d’un an ! Les ruches sont déplacées sur des centaines de kilomètres et parfois plus. Les abeilles sont donc stressées et fragilisées, exactement comme dans les élevages industriels dans lesquels une épidémie peut être foudroyante (voir la vidéo (Daniels 2010)). Il pense que « La nature prend sa revanche ». Cette idée vient de trouver un fondement avec des travaux récents sur l’immunité chez les insectes. En effet, il apparaît que de nombreuses bactéries symbiotiques participent à l’immunité des insectes. Ces bactéries se transmettent par les œufs, donc on peut envisager que l’on a créé des lignées d’abeilles sans bactéries, donc fragiles (Schneider and Chambers 2008). On verra dans les années à venir si cette théorie se vérifie. Par ailleurs, l’abeille domestiquée a perdu de la diversité génétique. Pour tous les USA il y a à peine une centaine d’éleveurs de reines, la diversité génétique a disparu. C’est le cas par exemple pour les peptides antimicrobiens (Xu et al. 2009), ce qui la rend plus fragile.

Qu’en est-il de la France ? Chez nous il n’y a pas ce type d’industriel de la pollinisation, un apiculteur professionnel a au maximum un millier de ruches qui sont nourries naturellement. Chaque fois qu’il y a eu une hécatombe, selon le Prof. Crailsheim, on a pu en trouver la cause, par exemple des pesticides. Donc, pour l’instant, danger mais pas de catastrophisme. Le CCD semble atteindre l’est de la France au printemps 2008. Le ministre de l’agriculture vient d’annoncer la création d’un institut pour étudier la mortalité des abeilles (Anonyme 2008), à la suite du rapport d’un député (Saddier 2008). La mortalité des abeilles en 2010-2011 a été très variable selon les régions, en moyenne 30%, 60% par endroits, 15% dans les départements où l’agriculture bio est plus présente (Valo 2011). En Italie où les pesticides néonicotiniques (Régent, Gaucho, Cruiser, Proteus) ont été interdits depuis 2007, la mortalité est passée de 37,5% à 15% en 2010-2011 (Valo 2011).
Les hécatombes d’huîtres observées depuis 2007 pourraient être de même nature : appauvrissement génétique et pollution d’où épidémie foudroyante virale (Barnéoud 2010). Un appel a été lancé par des députés Les Républicains pour sauver les abeilles (Collectif 2018) : "Les abeilles sont essentielles". Mais sur les 36 députés, 30 ont soutenu au moins un amendement contestant l'interdiction des néonicotinoïdes (Foucart 2018). No comment.
La culture bio est favorable aux abeilles qui produisent jusqu'à 50% de miel supplémentaire (Wintermantel et al 2019, CNRS 2019)

Effet cocktail
On observe une mortalité plus importante s'il y a présence de pesticides et du parasite Nosema. La mortalité des ruches atteint 80 à 90 % alors que pesticides seuls à faible dose sans effet. Cet effet cocktail pourrait expliquer la mortalité des abeilles (Foucart 2011; Vidau et al. 2011). Voir Effet cocktail

Les autres insectes pollinisateurs
Trois articles de la revue Science montrent que les abeilles seules ne sont pas les plus efficaces dans la pollinisation. On oublie les abeilles solitaires, les bourdons, etc. qui ont un rôle deux fois plus important. Dans certaines zones de grande culture de l’Illinois la diversité des pollinisateurs a été divisée par deux en cent vingt ans (Burkle et al. 2013; Foucart 2013; Garibaldi et al. 2013; Huet 2013; Tylianakis 2013). Les fraises sont mieux pollinisées dans les cultures bio, lié à plus grande diversité de pollinisateurs (Anonyme 2012) (voir PLoS One du 15 février 12). Un rapport de l’UICN indique que 30 des 68 espèces de bourdons sont en déclin en Europe et 12 menacées d’extinction. Pourtant ce rapport ne parle pas du tout des insecticides... Comme par hasard l’UICN est en discussion avec Syngeta, principal producteur d’insecticides agricoles (Foucart 2014). De nombreux travaux portent sur les autres pollinisateurs potentiels pour remplacer les abeilles, par exemple des osmies (Etienne 2014). Un nouvel article du Monde sur les abeilles domestiques qui concurrenceraient les abeilles sauvages (Simorre 2019). Décidément on n'en sort pas de cette accusation contre les abeilles domestiques.. Et des scientifiques reconnus de Montpellier rentrent dans ce jeu. Comment cela se passait auparavant ? Les deux types d'abeilles ne semblaient pas se concurrencer. Le seul vrai problèmes est celui de pesticides et en particulier des néonicotinoïdes qu'il faut interdire tout de suite. Cela sera bénéfique pour tout le monde. Cette attitude fait le jeu des producteurs de biocides.
Des essais sont actuellement en cours qui montrent que semer des fleurs mellifères dans les cultures favorise les pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.) (European Commission 2014).
Dave Goulson parle bien du conflit abeilles / bourdons (2019, p. 126) : "L'apiculture crée souvent des densités entièrement artificielles... En Ecosse, les bourdons avaient tendance à être plus petits là où les abeilles à miel étaient présentes en masse, certainement du fait de la compétition alimentaire... Je ne cherche pas à entrer en conflit avec les apiculteurs. Mais on ne peut pas non plus nier la potentialité de conflit."

L'industrie chimique a toujours un tour d'avance, elle vient de réussir à obtenir l'autorisation d'un nouveau néonic, le sulfoxaflor.. (Foucart et Valo 2017) et on vient de démontrer qu'il est nocif pour les bourdons (Siviter et al 2018, voir Rosier 2018).

Voir synthèse récente de Ratnieks (Ratnieks and Carreck 2010) et le rapport du PNU sur le déclin des abeilles (Dupont 2011; UNEP 2011)

La commission européenne vient de rendre public une vaste étude sur le déclin des abeilles dans 17 pays européens où l’on ne parle que des parasites, le mot pesticide n’y figurant même pas (Foucart 2014). Voir le communiqué de l’Anses du 8 avril 2014.

Note 1. Stéphane Foucart dans Le Monde du 17-18 septembre 2017 parle des apiculteurs américains qui louent ces ruches comme des industriels pour pallier à l'absence de pollinisteurs dans les plantations d'amandiers, de pommiers, etc. Il écrit aussi "La disparition des abeilles n'est d'ailleurs pas une si mauvaise nouvelle pour certains économistes puisqu'elle pourrait conduire au développement et à la commercialisation de solutions techniques de pollinisation" (Foucart 2017b).

Un monde sans abeilles, Envoyé Spécial 6 juin 2019. Rien de bien neuf. Un éleveur de reines à Malte qui expédie dans toute l'Europe. La pollinisation des amandiers, pommiers en Californie bientôt réalisée par des drones.. Des recherches de pesticides sur le pollen / miel et cire : de la propargite, acaricide interdit depuis 2012, et plus de 100 pesticides détectés (mais à seuil > au seuil légal). Le labo de Reed Johnson à Columbus (Ohio) qui travaille sur les abeilles et fait des tests intéressants. Par exemple le diflubenzaron, insecticide, qui à doses infinitésimales non léthales pour les abeilles adultes tue 80% des larves. Il trouve aussi l'effet cocktail avec un pesticide mélangé à un acaricide. Pouquoi ne pas voir été à Avignon où de telles recherches sont aussi faites ?

Sites web
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'effondrement_des_colonies_d'abeilles
- http://www.afssa.fr/

Bibliographie
- Anonyme (2008). Un institut pour étudier la mortalité des abeilles. Le Monde 12-13 octobre. p. 4.
- Anonyme (2012). Des fraises mieux pollinisées dans les fermes bio. Le Monde Sciences et Techniques 18 février.
- Anonyme (2013). Les abeilles ne roulent pas au diesel. Le Canard Enchaîné 27 novembre 2013. Pdf
- Anonyme (2014). Lien confirmé entre la mort des abeilles et deux insecticides. Le monde Science & Médecine 14 mai.
- Arce, A. N., A. Ramos Rodrigues, J. Yu, T. J. Colgan, Y. Wurm and R. J. Gill (2018). Foraging bumblebees acquire a preference for neonicotinoid-treated food with prolonged exposure. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 285(1885). 10.1098/rspb.2018.0655
- Arnold, G. (2018) Interdiction des insecticides néonicotinoïdes : pourquoi a-t-il fallu attendre plus de 20 ans?? sudouest.fr, 2 mai 2018, p. https://www.sudouest.fr/2018/05/01/interdiction-des-insecticides-neonicotinoides-pourquoi-a-t-il-fallu-attendre-plus-de-20-ans-5022550-10275.php. Voir "Le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes"
- Barnéoud, L. (2010). Aura-t-on encore des huîtres à Noël. Science & Vie Décembre: p. 80-87.
- Bolis, A. (2018). L'abeille noire, résistante mais en sursis. Le Monde 18 août 2018. p.6.
- Burkle, L. A., J. C. Marlin and T. M. Knight (2013). Plant-Pollinator Interactions over 120 Years: Loss of Species, Co-Occurrence and Function. Science.
- Cailloce, L. (2016) Pourquoi les abeilles disparaissent. CNRS Le Journal, 28 sept 2016, p. https://lejournal.cnrs.fr/articles/pourquoi-les-abeilles-disparaissent
- Cameron, S. A., J. D. Lozier, J. P. Strange, J. B. Koch, N. Cordes, L. F. Solter and T. L. Griswold (2011). Patterns of widespread decline in North American bumble bees. Proceedings of the National Academy of Sciences 108(2): 662-667.
- Cammaerts, M. C., P. De Doncker, X. Patris, F. Bellens, Z. Rachidi and D. Cammaerts (2012). GSM 900 MHz radiation inhibits ants'assocoiation between food sites and encountered cues. Electromagnetic Biology and Medecine 31: 151-165.
- Cammaerts, M. C., O. Debeir and R. Cammaerts (2011). Changes in Paramecium caudatum (Portozoa) near a switched-on GSM telephone. Electromagnetic Biology and Medecine 30: 57-66.
-
Campbell, J. W., Cabrera, A. R., Stanley-Stahr, C. et Ellis, J. D. (2016). An Evaluation of the Honey Bee (Hymenoptera: Apidae) Safety Profile of a New Systemic Insecticide, Flupyradifurone, Under Field Conditions in Florida. Journal of Economic Entomology, 109(5), 1967-1972
- CNRS (2019) L'agriculture biologique améliore les performances des colonies d'abeilles mellifères. 26 juin 2019, p. http://www.cnrs.fr/fr/lagriculture-biologique-ameliore-les-performances-des-colonies-dabeilles-melliferes. Pdf

- Collectif (2018). Les abeilles sont essentielles. Le Monde 23-24 décembre 2018.
- Core, A., C. Runckel, J. Ivers, C. Quock, T. Siapno, S. DeNault, B. Brown, J. DeRisi, C. D. Smith and J. Hafernik (2012). A New Threat to Honey Bees, the Parasitic Phorid Fly Apocephalus borealis. PLos One 7(1): e29639.
- Cox-Foster, D. L., S. Conlan, E. C. Holmes, G. Palacios, J. D. Evans, N. A. Moran, P.-L. Quan, T. Briese, M. Hornig, D. M. Geiser, et al. (2007). A Metagenomic Survey of Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. 10.1126/science.1146498. Science 318(5848): 283-287.
- Crall, J. D., C. M. Switzer, R. L. Oppenheimer, A. N. Ford Versypt, B. Dey, A. Brown, M. Eyster, C. Guérin, N. E. Pierce, S. A. Combes, et al. (2018). Neonicotinoid exposure disrupts bumblebee nest behavior, social networks, and thermoregulation. Science 362(6415): 683-686. 10.1126/science.aat1598
- Daniels, M. (2010). Le mystère de la disparition des abeilles, Arte.
- Dupont, G. (2009). Les hécatombes d'abeilles ont des causes multiples. Le Monde 19 septembre 2009. p. 1, 4. Pdf
- Dupont, G. (2011). L'ONU s'inquiète du déclin des abeilles. Le Monde 11 mars.
- Etienne, V. (2014). Qui remplacera les abeilles domestiques ? Science & Vie Juin: p. 97-102.
- European Commission, D. E. (2014). Which seeds to sow for bees? Science for Environment Policy(12 June): 1.
- Faucon, J.-P., M.-C. Clément, A.-C. Martel, P. Drajnudel, S. Zeggane, F. Schurr and M. F. A. Aubert (2008). Mortalités de colonies d’abeilles (Apis mellifera) au cours de l’hiver 2005-2006 en France : enquête sur le plateau de Valensole et enquête sur 18 ruchers de différents départements, AFSSA: 26.
- Fisher, M. C., D. A. Henk, C. J. Briggs, J. S. Brownstein, L. C. Madoff, S. L. McCraw and S. J. Gurr (2012). Emerging fungal threats to animal, plant and ecosystem health. Nature 484(7393): 186-194.
- Foucart, S. (2008). Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques. Le Monde 20 septembre: 8.
- Foucart, S. (2011). Le déclin massif des abeilles en voie d'élucidation. Le Monde 9 juillet.
- Foucart, S. (2011). Les apiculteurs demandent le retrait du Cruiser OSR. Le Monde 14 juillet. p. 9.
- Foucart, S. (2013). La fabrique du mensonge, Denoël.
- Foucart, S. (2013). Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles. Le Monde 2 mars.
- Foucart, S. (2014). L'UICN, Syngeta et le déclin des bourdons. Le Monde Science & Médecine 7 mai. p. 2.
- Foucart, S. (2014). Les mots qui fâchent. Le Monde 13-14 avril.
- Foucart, S. (2017). Les ravages des néonicotinoïdes sur les abeilles. Le Monde Samedi 1 juillet 2017. p. 7.
- Foucart, S. (2017b). Croissance et aveuglement. Le Monde 17-18 septembre 2017. p. 29.
- Foucart, S. (2017c). Des insecticides dans les trois quarts des miels. Le Monde Samedi 7 octobre 2017. p. 6. http://abonnes.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/10/05/les-trois-quarts-des-miels-du-monde-sont-contamines-par-des-neonicotinoides_5196801_1652692.html?xtmc=miels&xtcr=3. Pdf (avec une vidéo sur le déclin des abeilles en 3 minutes) 5 néonics : imidaclopride, acétamipride, thiaméthoxame, clothianidine et thiaclopride
- Foucart, S. (2018a). Les insecticides néonicotinoïdes de nouveau sur la sellette. "La plus grande part de ces molécules ne fait que contaminer l'environnement". Le Monde 2 mars 2018. p. 6.
- Foucart, S. (2018b). Néonicotinoïdes : vingt ans de retard. Le Monde 29-30 avril 2018. p. 24. Pdf

- Foucart, S. (2018c). "Les taux de pertes hivernales ne devraient pas excéder 5%". Le Monde 8 juin 2018.
- Foucart, S. (2018d). Le glyphosate, autre cause possible du déclin des abeilles domestiques. Le Monde 28 septembre 2018. p. 8.
- Foucart, S. (2019). Des députés et des abeilles. Le Monde 6-7 février 2019.
- Foucart, S. (2019). Et le monde devint silencieux. Comment l'agrochimie a détruit le monde des insectes, Seuil. 338p.
- Foucart, S. (2019). Abeilles. Une disparition programmée. Le Monde Sciences & Médecine 28 août 2019. p. 1, 4-5. Pdf
- Foucart, S. and M. Valo (2017). Un nouveau néonicotinoïde autorisé en France. Le Monde 21 octobre 2017. p. 8.
- Garibaldi, L. A., I. Steffan-Dewenter, R. Winfree, M. A. Aizen, R. Bommarco, S. A. Cunningham, C. Kremen, L. G. Carvalheiro, L. D. Harder, O. Afik, et al. (2013). Wild Pollinators Enhance Fruit Set of Crops Regardless of Honey Bee Abundance. Science.
- Giradi, E. (2015). Ces ondes qui affolent les abeilles. Biocontact 262: p. 22-24.
- Giraud, F. (2014). Le "Complexe AKI". La Santé de l'Abeille 263: 425-432.
- Goulson, D., E. Nicholls, C. Botías and E. L. Rotheray (2015). Bee declines driven by combined stress from parasites, pesticides, and lack of flowers. Science 347(6229).
- Greth, A. (2011). Redécouvrons les espèces à effet de rêve ! Libération 5 décembre. p. 21.
- Goulson, D. (2019 ). Ma fabuleuse aventure avec les bourdons, Gaïa (édition originale 2013).
- Haentjens, E. (2013). Le diesel brouille la piste qui mène les abeilles aux fleurs. Science & Vie Décembre 2013: p. 30. Pdf
- Hawthorne, D. J. and G. P. Dively (2011). Killing Them with Kindness? In-Hive Medications May Inhibit Xenobiotic Efflux Transporters and Endanger Honey Bees. PLoS ONE 6(11): e26796 EP -.
- Henry, M., M. Beguin, F. Requier, O. Rollin, J.-F. Odoux, P. Aupinel, J. Aptel, S. Tchamitchian and A. Decourtye (2012). A Common Pesticide Decreases Foraging Success and Survival in Honey Bees. Science 336: 348-350.
- Huet, S. (2013). Pollinisation : hommage à la vie sauvage. Libération 28 février.
- Kievits, J. (2014). Couvain en péril. La Santé des Abeilles 260: 128-136.
- Lu, C., K. M. Warchol and R. A. Callahan (2014). Sub-lethal exposure to neonicotinoids impaired honey bees winterization before proceeding to colony collapse disorder. Bulletin of Insectology 67: 125-130.
- Mao, W., M. A. Schuler and M. R. Berenbaum (2013). Honey constituents up-regulate detoxification and immunity genes in the western honey bee Apis mellifera. Proceedings of the National Academy of Sciences 110: 8842-8846.
- Michez, D. and N. J. Vereecken (2019). Le déclin des abeilles d'Europe. Espèces 31: 52-55.
- Mitchell, E. A. D., B. Mulhauser, M. Mulot, A. Mutabazi, G. Glauser and A. Aebi (2017). Aworldwide survey of neonicotinoids in honey. Science: 109-111.
- Morin, H. (2018). Néonicotinoïdes : des bourdons drogués suivis à la loupe. Le Monde Sciences & Médecine 13 novembre 2018. Image
- Nicolino, F. and F. Veillerette (2007). Pesticides. Révélations sur un scandale français, Fayard.
- Pettis, J., D. vanEngelsdorp, J. Johnson and G. Dively (2012). Pesticide exposure in honey bees results in increased levels of the gut pathogen Nosema. Naturwissenschaften 99(2): 153-158.
- Pisa, L. W., V. Amaral-Rogers, L. P. Belzunces, J. M. Bonmatin, C. A. Downs, D. Goulson, D. P. Kreutzweiser, C. Krupke, M. Liess, M. McField, et al. (2014). Effects of neonicotinoids and fipronil on non-target invertebrates. Environmental Science and Pollution Research: 1-35.
- Raine, N. E. (2018). Pesticide affects social behavior of bees. Science 362(6415): 643-644. 10.1126/science.aav5273
- Ratnieks, F. L. W. and N. L. Carreck (2010). Clarity on honey bee collapse? Science 327: 152-153.
- Rosier, F. (2018). Un nouveau pesticide nocif pour les bourdons terrestres. Le Monde 18 août 2018. p.6.
- Saddier, M. (2008). Pour une filière apicole durable. Les abeilles et les pollinisateurs sauvages, Ministère de l'agriculure et de la pêche: 64.
- Sánchez-Bayo, F. (2014). The trouble with neonicotinoids. Science 346(6211): 806-807.
- Schneider, D. S. and M. C. Chambers (2008). Rogue insect immunity. Science 322: 1199-2000.
- Sciama, Y. (2015). Les abeilles transmettent leurs virus aux autres pollinisateurs. Science & Vie Avril 2015: p. 26.
- Sciama, Y. (2016). Le virus qui décime les ruches du monde entier est exporté en Europe. Science & Vie Avril 2016: p. 29.
- Siviter, H., M. J. F. Brown and E. Leadbeater (2018). Sulfoxaflor exposure reduces bumblebee reproductive success. Nature. 10.1038/s41586-018-0430-6
- Simorre, A. (2019). Arnaud Montebourg fait son miel du déclin des abeilles. Le Monde 22 janvier 2019. Pdf
- The honey bee genome consortium (2006). Insights into social insects from the genome of the honey bee Apis melifera. Nature 443: 931-949.
- Thibault, H. (2014). Dans le Sichuan, des "femmes-abeilles" pollinisent à la main des vergers. Le Monde 24 avril. p. 4.
- Tosi, S. and J. C. Nieh (2019). Lethal and sublethal synergistic effects of a new systemic pesticide, flupyradifurone (Sivanto) on honeybees. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 286(1900): 20190433. doi:10.1098/rspb.2019.0433
- Tsvetkov, N., O. Samson-Robert, K. Sood, H. S. Patel, D. A. Malena, P. H. Gajiwala, P. Maciukiewicz, V. Fournier and A. Zayed (2017). Chronic exposure to neonicotinoids reduces honey bee health near corn crops. Science 356(6345): 1395-1397. 10.1126/science.aam7470
- Tylianakis, J. M. (2013). The Global Plight of Pollinators. Science.
- UNEP (2011). Global honey bee colony disorders and other threats to insect pollinators.
- Valo, M. (2011). Antibiotiques et pesticides : un cocktail mortel pour les abeilles américaines. Le Monde 6-7 novembre. p. 6.
- Valo, M. (2011). La défense des abeilles, un "job" de plus en plus prenant pour les apiculteurs français. Le Monde 16 novembre. p. 6.
- Vidau, C., M. Diogon, J. Aufauvre, R. Fontbonne, B. Viguès, J.-L. Brunet, C. Texier, D. G. Biron, N. Blot, H. El Alaoui, et al. (2011). Exposure to Sublethal Doses of Fipronil and Thiacloprid Highly Increases Mortality of Honeybees Previously Infected by Nosema ceranae. PLoS ONE 6(6): e21550.
-
Wintermantel, D., J.-F. Odoux, J. Chadœuf and V. Bretagnolle Organic farming positively affects honeybee colonies in a flower-poor period in agricultural landscapes. Journal of Applied Ecology 0(0). 10.1111/1365-2664.13447
- Whitehorn, P. R., S. O’Connor, F. L. Wackers and D. Goulson (2012). Neonicotinoid Pesticide Reduces Bumble Bee Colony Growth and Queen Production. Science 336: 351-352.
- Williams, G. R., A. Troxler, G. Retschnig, K. Roth, O. Yañez, D. Shutler, P. Neumann and L. Gauthier (2015). Neonicotinoid pesticides severely affect honey bee queens. Scientific Reports 5: 14621.
- Woodcock, B. A., N. J. B. Isaac, J. M. Bullock, D. B. Roy, D. G. Garthwaite, A. Crowe and R. F. Pywell (2016). Impacts of neonicotinoid use on long-term population changes in wild bees in England. Nature Communications 7: 12459. 10.1038/ncomms12459. http://www.nature.com/articles/ncomms12459#supplementary-information
- Xu, P., M. Shi and X. Chen (2009). Antimicrobial peptide evolution in the asiatic honey bee Apis cerana. PLos One 4: e4239.
- Zhu, W., D. R. Schmehl, C. A. Mullin and J. L. Frazier (2014). Four Common Pesticides, Their Mixtures and a Formulation Solvent in the Hive Environment Have High Oral Toxicity to Honey Bee Larvae. PLoS ONE 9(1): e77547.